lundi 26 octobre 2020

Plus tard, je serai moi de Martin Page

Plus tard, je serai moi de Martin Page
Auteur : Martin Page
Maison d'édition : Rouergue
Date de sortie : Mars 2013
ISBN : 978-2-8126-0491-1 
Pages : 96
Prix : 8,90

Résumé : Comment résister à des parents qui vous rêvent artiste, alors que vous voulez juste savoir qui vous êtes, au fond de vous-même, comme toute collégienne de ce XXIe siècle ? Et pourquoi ne pas devenir médecin ou avocat, si c’est votre désir ? Une fable pleine d’humour et de fantaisie de Martin Page, où l’auteur met en scène la pression exercée par les parents sur une jeune collégienne. Et comment cette dernière, plus sage que les adultes, souhaite simplement« devenir elle-même». Par un auteur reconnu, en littérature jeunesse et adulte, publié aux Editions de l’Olivier et à l’Ecole des Loisirs.

MON AVIS : Le résumé parle de lui-même. La pauvre Séléna se retrouve face à des parents qui ont décidé que leur fille serait artiste. La jeune adolescente est à un âge ou elle apprend à se connaître. Elle ne sait pas ce qu'elle veut faire plus tard. Ses parents vont tout faire afin qu'elle découvre quel branche artistique commencer. Ils vont aller hyper loin. C'en est effrayant.

Ce roman parle avec beaucoup d'humour des attentes des parents vis-à-vis de leur enfant sans leur poser la question de ce qu'il souhaite réellement. C'est d'autant plus amusant que Séléna voit très clair dans le jeu de ses parents et fait preuve d'une maturité incroyable. À se demander si ce n'est pas elle la mère.

Les réflexions au sein de ce livre très cours sont très justes. L'auteur explore la pression social, le besoin des parents de faire pour le mieux sans faire les erreurs des leurs. Ajouter à cela, l'éducation nationale et la société qui met une pression supplémentaire aux adolescents en leur mettant une étiquette sur le front sans faire l'effort de voir la personne qu'ils sont avant toutes choses.

En bref, ce roman amusant est une bonne façon de réfléchir à la place de l'adolescent vis-à-vis des parents et de la société. Peut-être serait-il temps de discuter avant de choisir pour eux.

mercredi 21 octobre 2020

Olympe de Gouges de Catel et Bocquet

Olympe de Gouges
Auteur : Catel & Bocquet
Maison d'édition : Casterman
Date de sortie : 7 Septembre 2016
ISBN : 9782203119628
Pages : 488
Prix : 26

Résumé : Mariée et mère à 18 ans, veuve aussitôt après, Marie Gouzes décide ensuite de vivre librement. Elle se fera désormais appeler Olympe de Gouges.
Femme de lettres, fille des Lumières, libertine et républicaine, Olympe a côtoyé la plupart de ceux qui ont laissé leur nom dans les livres d'histoire au
chapitre de la Révolution : Voltaire, Rousseau, Mirabeau, Lafayette, Benjamin Franklin, Philippe Egalité, Condorcet, Théroigne de Méricourt, Desmoulins, Marat, Robespierre...
En 1791, quand elle rédige la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, Olympe demande l'égalité entre les sexes et le droit de vote; des propositions qui resteront révolutionnaires jusqu'au XXe siècle.

MON AVIS : On entend souvent parler de la révolution et de certains de ces personnages emblématiques qui sont souvent des hommes mais qui connaît ces femmes qui ont vécu à cette époque et qui ont apporté tant? En tout cas pas moi. Pas avant d'avoir le livre sur les droits des femmes et voir le nom de cette femme : Olympe de Gouges.

Certes, je les vu à la librairie mais la BD et moi, c'est un "je t'aime moi non plus". Du coup, j'ai hésité longtemps. À force de voir des clients l'acheter et surtout de voir qu'il s'agit de personne ne lisant pas ce genre là en tant normal. J'ai fini par le commander (ba oui, ma libraire avait beau le recommander, il était aussitôt vendu). Et j'ai été fasciné. j'ai pris le temps de le lire. Je ne voulais pas aller trop vite.

Olympe est une femme de caractère qui très tôt sait très bien ce qu'elle veut. Elle est forte et indépendante, amoureuse de la culture surtout du théâtre. Elle a d'ailleurs écrit des pièces traitants de sujets épineux et souvent en avance sur son temps. On découvre le statut de la femme au 18ème siècle et sa colère de devoir dépendre d'un homme financièrement. Heureusement, certains se montrent ouverts. 

Cette femme incroyable est la première féministe ouvertement. Ça lui a été bénéfique comme ça a pu lui coûter. Elle a rencontré des gens importants, de grands auteurs mais surtout, comme nombre de noble, elle a été guillotiné. Son histoire est juste dingue et incroyable. On s'attache à cette femme et jusqu'au bout on espère une fin différente. Le duo ayant travaillé sur cette bande dessinée ne prend aucun parti. Ils retranscrivent son histoire avec justesse.

En bref, je vous recommande de lire cette bande dessinée retraçant le parcours d'une femme libre à une époque ou ce n'était pas censé être possible.

lundi 19 octobre 2020

Bonne nuit maman de Seo Mi-Ae

Autrice : Seo Mi-Ae
Maison d'édition : Matin Calme
Date de sortie : Mars 2020
ISBN : 978-2-491290-05-4
Pages : 272
Prix : 19,90
 
Résumé : Seonkyeong, criminologue, est sollicitée par un serial-killer qui attend son jugement en prison. Cet homme qui a assassiné une douzaine de femmes veut lui parler, à elle et à personne d'autre. Intelligent, manipulateur, ses motivations restent floues mais tous s'accordent à dire que Seonkyeong devra faire preuve de la plus grande prudence face à ce criminel hors normes.
Dans le même temps, son mari se voit contraint de faire venir chez eux la fille qu'il a eu d'un précédent mariage. Une petite de onze ans qui serre contre elle son ours en peluche, une petite bouleversée par les décès de sa mère et de ses grands-parents maternels. Des décès pour le moins suspects d'ailleurs...

Bonne nuit maman est le premier opus d'une trilogie consacrée à Ha-young, jeune criminelle qui incarne les bouleversements vécus par la société coréenne.
 
MON AVIS : Je découvre le polar coréen avec ce titre. Je ne pouvais pas m'empêcher de le regarder en librairie et j'ai fini par craquer. Dans ce roman, on suit trois personnages : Hayoung, une petite fille, Seonkyeong, une criminologue qui va rencontrer un criminel en série dont j'ai oublié le nom. Dans le premier chapitre, on rencontre Hayoung après l'incendie de la maison de ses grands parents. Elle va vivre chez son père qui n'est autre que le mari de Seonkyeong.

Autant vous dire que dès le début, le comportement de la petite fille m'a perturbé. Une fois qu'on a rencontré son père, on se rend compte qu'il fuit son rôle de père et dans le même temps, pas question que quiconque ne lui fasse du mal. J'avais envie de le frapper. Concernant Seonkyeong, on la découvre enseignant son métier à la fac. J'ai adoré ce chapitre totalement fascinant et très juste. Ses discussions avec le criminel sont dignes d'un épisode d'esprit criminel. On sent la tension et jeu de force et de pouvoir entre les deux.

À d'autres passages, on découvre le passé du criminel. On ne peut s'empêcher d'être en empathie face à ce qu'il a vécu. Il n'aurait pas pu finit autrement. Bien que j'ai entrevu la fin, je n'aurai pas imaginé que l'autrice irait aussi loin. Je ne savais pas que c'était le premier tome d'une trilogie et pour moi, cela pouvait s'arrêter là. Je reste curieuse de découvrir la suite.

En bref, ce roman a joué avec mes nerfs tout du long. L'autrice s'amuse à nous emmener là où elle veut. Et ça fonctionne à merveille. Elle joue sur nos émotions avec brio.

mardi 13 octobre 2020

J'ai vu Sisyphe heureux de Katerina Apostolopoulou

J'ai vu Sisyphe heureux de Katerina Apostolopoulou
Poétesse : Katerina Apostolopoulou
Maison d'édition : Bruno Doucey
Date de sortie : 28 mai 2020
ISBN : 978-2-36229-279-8
Pages : 128
Prix : 15
 
Résumé : Une famille de pêcheurs dont le père disparaît en mer, un couple de gens modestes que la mort vient séparer, un homme seul qui abandonne maison, papiers d’identité et biens matériels pour vivre en vagabond sous les étoiles…Trois poèmes narratifs. Trois destins aux prises avec la vie. Trois histoires simples pour dire la fierté du peuple grec. Ce ne sont pas les héros des batailles homériques que chante Katerina Apostolopoulou dans ce premier recueil écrit en deux langues, le grec et le français, mais le courage des êtres qui placent l’hospitalité et la liberté au-dessus de tout, qui se battent avec les armes de l’amour et de la dignité, qui ont peu mais donnent tout. À l’heure de la crise économique et du concept de décroissance, une voix venue de Grèce nous invite à voir Sisyphe heureux.
 
MON AVIS : Je continue de découvrir cette maison d'édition avec ce titre. Je l'ai lu il y a quelques semaines avant la soirée poésie musicale. J'ai donc deux visions de ce recueil magnifique. J'ai toujours du mal à chroniquer de la poésie. Comment rendre ce que m'apporte un recueil? Je me dis que l'essentiel est de vous donner les émotions que j'ai ressenti à la lecture mais aussi à l'écoute lors de cette soirée.

J'ai lu ce recueil un samedi soir. Je voulais lire quelque chose de court. Petite précision : vous trouverez les poèmes en grec et en français. À la fin de ma lecture, j'ai posé le livre le sourire aux lèvres. Ça m'a fait un bien fou de lire trois histoires simples et efficaces. Il n'y a aucunes fioritures dans ces textes, juste l'humain dans toute sa beauté et sa simplicité. Et c'est ça qui apaise. Les personnages que Katerina met en avant ont choisi de vivre comme ils l'entendent même si ce n'est pas les normes de la société. Rien que ce livre présente pour moi ce que l'être humain devrait être.

Juste pour vous donner une idée, je vous propose l'extrait disponible sur le site de la maison d'édition :

« Vivre pauvre sans être rustre
Avoir peu et tout offrir
Garder le meilleur pour l’ami ou l’étranger
Reprendre tous les matins le même chemin
Savoir que toute la vie sera ainsi
Et en sourire

Moi
J’ai vu
Sisyphe heureux. »

Je n'ai pas écrit la chronique parce que je ne savais pas comment rendre l'émotion de ce livre. Finalement, j'ai bien fait d'attendre la soirée poésie musicale. Le fait d'écouter ces poèmes lus par la poétesse accompagnée à la harpe et la contrebasse donnent une autre dimension. Je savais que je passerai un bon moment. La voix de Katerina est très belle. Elle a lu les poèmes en grec et en français. Ce n'est absolument pas dérangeant. Au contraire, ça apporte bien plus. La musique nous emmène en Grèce et les poèmes nous raconte l'histoire de ces personnages. Je me suis laissée emporter sans lutter. J'en avais des frissons pendant et après.

 

En bref, ce recueil est une merveille que je ne peux que vous recommander. N'ayez pas peur de lire de la poésie et de laisser les émotions vous envahir. C'est le but premier de la poésie.


 

mercredi 7 octobre 2020

L'univers des Elgéendsorde de Karima Djelid

L'univers des Elgéendsorde de Karima Djelid
Autrice : Karima Djelid
Maison d'édition : Auto édition
Date de sortie : Novembre 2015
ISBN : 978-2955434802
Pages : 128
Prix : 10,50

Résumé : Dans un Moyen-âge fantasmagorique, des êtres magiques sont doués de clairvoyance. Ils lisent l’avenir qui est réservé au monde et, comble d’ironie, ils souffrent à l’unisson de ne pouvoir avoir un tant soit peu de surprise dans leur vie si limpide. Le génie Malu déplore d’être poltron et de ne pas arriver à s’imposer au sein de la confrérie, tandis que le démon Karm voyage dans le temps dans l’espoir de trouver un objet qui séduira l’enchanteresse Katuo, épouse du génie et aguicheuse dans l’âme.
Un jour, la sphère des Sages du génie met à jour la future destitution du roi Toumn. Le seul moyen pour le roi de s’en sortir est d’épouser une sorcière puissante. Mais celle-ci est déjà promise à un guerrier revenu des croisades…
Rassurez-vous : tout cela se passe avec de l’humour caustique et ravageur.
L’univers des Elgéendsorde vous entraîne au sein d’un conte, destiné à des lecteurs adolescents et adultes épris de sortilèges et d’histoires corrosives et déjantées. Avez-vous trouvé la signification du nom « Elgéendsorde » ?... Non ?... Alors lisez le roman !
 
MON AVIS : Je tiens à remercier l'autrice de m'avoir envoyé ce roman en plus d'un second que vous verrez ultérieurement sur ce blog.

Honnêtement, je ne savais pas à quoi m'attendre. Au regard du résumé, je ne me suis pas inquiétée. La première chose qui m'a marqué concerne l'écriture. Elle correspond parfaitement à l'époque et surtout aux effets voulus. On sent que Karima Djelid s'est amusée en l'écrivant. On trouve des jeux de mots, de l'absurde qui m'a rappelé Arnaud Tsamère et des jeux de sonorité. 

Ce roman pourrait ressembler à un conte mais dans le sens inverse comme il pourrait très bien être une pièce de théâtre. En effet, le début de l'histoire présente Mla, une jeune sorcière sur le point de rejoindre l'élu de son cœur. Elle sera interrompu par les elgéendsorde. Le but étant de l'envoyer au roi Toumn afin qu'il puisse éviter son destin.

Comme ça, l'histoire semble déprimante mais pas du tout. Rien que les elgéendsorde m'ont amusé par leur comportement tellement enfantin. Malu, le génie est alcoolique et marié à l'enchanteresse Katuo. Cette dernière se sent délaissé et joue avec Karm le démon. Enfin, il reste l'elfe, personnage fourbe au pas possible. On suit au final assez peu Mla et son promis en dehors du début et la dernière partie du roman. 
 
De tous les personnages, j'ai adoré Mla. Cette jeune sorcière est la plus mature et surtout loin d'être naïve. J'ai adoré ses réponses au roi Toumn. Au final, on retient l'humour et la qualité de l'écriture plutôt que l'histoire. 

En bref, je me suis bien amusée en lisant ce livre avec ces personnages loufoques

lundi 5 octobre 2020

Le royaume des brumes de Federico Saggio


Le royaume des brumes de Federico Saggio
Auteur : Federico Saggio
Maison d'édition : Auto édition
Date de sortie : Août 2020
ISBN : 979-8675117673
Pages : 224
Prix : 14,99

Résumé : ATTENTION, CE ROMAN EST LA SUITE DE "SIGURD" ÉGALEMENT CHRONIQUÉ SUR LE BLOG
Dans les Terres du Nord, Sigurd fait face à sa destinée : Vaincre le Dragon Fafnìr au Royaume des Brumes et... Sauver Brunehilde des Flammes Éternelles.
Mais au gré de ses voyages, il a contracté bien d’autres serments, dont les fils s’entremêlent, se resserrent peu à peu, jusqu’à le faire suffoquer. Comment tous les respecter, et ainsi préserver intact un honneur si facile à bafouer ?
La destinée est capricieuse, et Sigurd aura fort à faire pour se soustraire aux dangers qui jalonneront sa route.
Peut-être le véritable défi, plus mortel encore que le Dragon, est-il de survivre à la folie et à l’ambition des Hommes...
Au moins, cerné des loups, sait-on clairement quelles sont leurs intentions.
Plus qu’une simple relecture du mythe éponyme, « Sigurd » et « Le Royaume des Brumes » sont une réinterprétation très personnelle de la légende qui entoure l’or des Nibelungen et mène ultimement au Ragnarök. Cette duologie est l’aboutissement de plus de deux ans de recherches menées par Federico Saggio à recouper les sources, faire des choix judicieux et pertinents pour conserver la cohérence du scénario et la substance des personnages en dépit des contradictions inhérentes à la nature d’un mythe de tradition orale aux itérations multiples... sans jamais en trahir l’essence.


MON AVIS : Je tiens une fois de plus à remercier l'auteur de m'avoir proposé les deux tomes en même temps. J'ai tenu à lire d'autres choses entre les deux tomes comme je le ferai pour d'autres séries même s'il a de la chance contrairement à mes autres sagas.

La construction de ce roman est totalement différente du premier tome. En tant que lectrice, ça m'a perturbé au début mais tant mieux. Federico Saggio maîtrise l'exercice parfaitement. L'auteur nous pousse à un travail de mémoire, à faire attention aux mots et surtout à l'évolution de l'histoire.

On suit, certes, Sigurd, mais les autres personnages ont de l'importance. Enfin, on découvre qui est vraiment Mîme. J'ai plutôt pitié pour ce personnage. Concernant Sigurd, il traverse les affres de l'humain et progresse vers une forme de sagesse bien malgré lui. Brunehilde est une femme comme on aimerait en voir plus souvent. J'aimerai vraiment découvrir son histoire avant que Sigurd ne la découvre. 

Ce tome me paraissait très soft pendant une partie. N'oublions pas qu'il s'agit de mythologie nordique. Autant vous dire que les rares scènes de violences, l'auteur s'est fait plaisir. Heureusement, j'avais déjà mangé depuis un moment. Autant vous dire, il faut s'abstenir si vous êtes sensible. Il n'en reste pas moins qu'une scène de ce roman m'a fait exploser de rire concernant le roi Gundahar. Je n'en dirai pas plus mais franchement, c'était amplement mérité.

Dans ce roman, il est question d'une quête de soi et de pouvoir mais quelles en seront les conséquences? Sigurd est un personnage vraiment intéressant dans son développement surtout en passant de l'animal à l'humain. Mais a-t-il vraiment réussi à oublié l'animal en lui?

En bref, j'ai adoré ce second tome et me ferait un plaisirs de lire d'autres livres autour de la mythologie nordique et des vikings. N'hésitez pas à m'en proposer si vous en connaissez.