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mercredi 21 octobre 2026

Résidence Saha de Cho Nam-Joo

Résidence Saha de Cho Nam-Joo
Autrice : Cho Nam-Joo
Maison d'édition : Robert Laffont
Date de sortie : 19 Octobre 2023
ISBN : 9782221272923
Pages : 288
Prix : 19,50 (disponible en format poche)

Résumé : Dans une ville-État appelée Town, une femme est retrouvée morte dans une voiture abandonnée. Immédiatement, la police oriente ses recherches vers la résidence Saha.
Town est la ville la plus riche du monde. Foncièrement inégalitaire, elle est divisée entre riches et pauvres. Les plus démunis, dépourvus de tous droits, vivent dans la résidence Saha, occupant des logements sans eau ni électricité, condamnés à accepter les travaux les plus pénibles pour survivre. C’est là que se sont réfugiés, un soir, Jingyeong et son frère Dogyeong, trempés et grelottant de froid.
La police soupçonne rapidement Dogyeong, qui disparaît. Sa sœur part alors à sa recherche avec l’aide d’un groupe de marginaux. Commence pour elle la quête de la vérité sur le système qui régit Town, bien plus sombre que ce qu’elle pouvait imaginer…
Pandémie, immigration clandestine, naufrages, médias contrôlés par l’État, justice expéditive… La plume acérée de Cho Nam-Joo nous livre une dystopie qui résonne étrangement avec notre monde. Et qui met surtout en lumière l’inébranlable volonté de certains de lutter pour leur liberté.

MON AVIS : J'avais lu "Kim Jiyoung, née en 1982" de l'autrice que j'avais adoré. Je ne me suis pas pour autant ruée dessus tant ce livre est différent. On est dans de l'imaginaire. Au début de l'histoire, on suit Dogyeong, un jeune homme qui est à disparaît après la mort d'une femme. On s'attend à suivre une enquête mais pas du tout. Ça m'a sûrement perturbé.

En effet, on se trouve dans un monde pleins d'inégalités. Les Saha (ce qui explique le nom) sont tout en bas. Ils héritent des emplois considérés comme dégradants. Tout en haut, vous trouvez les Habitants, les plus riches. Au sein de la résidence Saha vivent essentiellement des immigrés ou des personnes n'ayant pas réussi à obtenir le statut d'Habitant. Ils n'ont ni eau ni électricité ni rien. Ce qui est surprenant est l'existence de la résidence alors qu'elle aurait du être détruite.

Je ne sais pas dans quel genre ce roman est classé. Je pense à de la dystopie mais je n'en suis pas certaine. Certes, beaucoup de choses le confirment. Pourtant, à la lecture, on devine un futur proche et les différentes discriminations reflètent notre société actuelle avec exagération. La différence réside aussi dans les méchants de l'histoire. Et c'est là que je suis perdue. Je ne peux évidemment rien dire. La fi est perturbante.

En bref, je ne sais pas quoi vous dire sur ce livre si ce n'est qu'il me laisse sur ma fin et que je ne suis pas sûre d'avoir tout compris. Certes, l'autrice dénonce les inégalités et le pouvoir entre autres choses mais au-delà de ça, j'ai trouvé ce livre très étrange.

vendredi 16 octobre 2026

La librairie des souvenirs de Song Yu-Jeong

La librairie des souvenirs de Song Yu-Jeong
Autrice : Song Yu-Jeong
Maison d'édition : Michel Lafon
Date de sortie : 15 Mai 2025
ISBN : 9782749961729
Pages : 288
Prix : 18,95

Résumé : La Librairie des Souvenirs apparaît à ceux qui ont perdu tout espoir, et abrite au sein de ses ouvrages les mémoires de chacun. Les règles y sont simples : trois voyages dans le passé pour tenter de changer l’avenir.

Quand Ji-won y trouve refuge un soir de pluie, celle qui survit plus qu’elle ne vit depuis le décès de sa mère décide d’y croire pour inverser le cours de son histoire.

Cette aventure hors du commun pourrait bien être sa chance de retrouver le chemin de l’existence…

MON AVIS : J'ai craqué totalement sur ce livre non seulement pour sa couverture sublime mais aussi rien que pour son titre. Je ne pensais juste pas que ce livre raisonnerait autant avec moi. Autant vous dire que mon avis ne sera pas du tout objectif.
 
On suit Ji-won, une femme ayant perdue sa mère. Au début du livre, elle se rend à l'hôpital. La réaction des médecins face à son mal-être est juste...déplorable. On sent qu'elle n'est pas comprise. Elle va vraiment mal psychologiquement. Elle est perdue dans sa vie. Après cette scène, elle s'abrite un soir de pluie et se retrouve dans une librairie atypique. Elle est lumineuse et chaleureuse. On a envie d'y rester. On se sent chez soi.

Rien que la description de la librairie est sublime à l'image de la couverture. La gérante est mystérieuse. J'ai adoré ce personnage. Cette librairie est particulière puisque Ji-won va y trouver ses souvenirs parmi les étagères. Elle pourra voyager dans trois de ses souvenirs et pas un de plus afin de guérir ses regrets. Forcément, Ji-won va faire attention à ses choix. En lisant le roman, je me suis demandée si elle choisissait vraiment ou si quelqu'un ou quelque chose la guidait. Allez savoir... 
 
Honnêtement, ce roman m'a ému et m'a fait réfléchir à mon passé et à ces petits riens qui peuvent tout changer. Parce que c'est de ça dont il est question. Et surtout de nous rappeler qu'on est des êtres humains et qu'on doit savourer chaque instant en restant ancré dans l'instant présent. 

vendredi 2 octobre 2026

Évidemment Martha de Meg Mason

Autrice : Meg Mason
Maison d'édition : Le cherche midi
Date de sortie : 12 Mai 2022
ISBN : 9782749171388
Pages : 416
Prix : 22

Résumé : Quelque chose ne tourne pas rond chez Martha, et depuis longtemps. Lorsqu'elle avait dix-sept ans, une petite bombe a explosé dans son cerveau et elle n'a plus jamais été la même. Et malgré toutes les consultations, thérapies sans fin et traitements hasardeux, elle ne sait toujours pas ce qui ne va pas... Pourquoi passe-t-elle des journées entières au fond de son lit ? Et pourquoi continue-t-elle à se mettre à dos des inconnus, et des proches, avec ses remarques cruelles et désinvoltes ?
Aujourd'hui, son mari l'a quittée et elle n'a plus nulle part où aller, si ce n'est dans la maison de son enfance, une maison bohème (délabrée) dans un quartier romantique (délabré) de Londres. Et rien d'autre à faire que retrouver sa mère, une sculptrice au talent confidentiel – et très alcoolique – et son père, un poète célèbre – bien que jamais publié... Mais comment survivre là-bas sans sa sœur dévouée, grande gueule, qui rendait tout ce chaos supportable pendant leur enfance, et qui est maintenant trop occupée ou trop fatiguée pour prendre soin d'elle ?
Peut-être qu'en repartant de zéro, Martha pourra écrire un meilleur dénouement pour son histoire ratée – ou découvrir que cette histoire n'est pas encore tout à fait terminée.

MON AVIS : On m'a donné ce livre en me disant que c'était drôle et c'est d'ailleurs marqué en couverture. On va dire les choses comme elles sont : j'ai abandonné le livre. On suit Martha adulte qui se souvient de son adolescence et ce moment important quand elle découvre qu'elle fait une dépression et les conséquences. C'est mon résumé pour ce que j'ai lu.

Le style d'écrire est froid. La souffrance de Martha est réelle et je n'ai pas trouvé ça drôle. D'autant qu'elle vit dans une famille dysfonctionnelle qui ne l'aide pas forcément. Il n'y a bien que son père pour s'inquiéter réellement. En tout cas, c'est comme ça que je l'ai perçu. Je ne pensais pas donner mon avis étant donné que j'ai abandonné ma lecture au bout d'une centaine de pages (si je me souviens bien) mais je ne comprends pas qu'on puisse trouver ce roman drôle. Personnellement, il m'a épuisé. Quand je regardais le livre en me disant "continue. L'humour viendra peut-être", j'étais déprimée d'avances. C'est dire.

Dans ce roman, on parle de dépression. On peut en rire mais il faut savoir le faire. Je suis la première à rire de ma santé mentale (en même temps, il y a de quoi) mais ce livre montre juste l'impact de la dépression sur une jeune fille et ses choix de vie. Quand on connaît les mécanismes, on sait qu'il n'y a rien de drôle dans les pages que j'ai lu. Peut-être que la suite est drôle. En tout cas, j'ai vu un avis disant que la suite l'est mais je n'ai pas l'énergie de continuer à lire ce roman qui me prenait toute mon énergie.

En bref, c'est un abandon. Selon moi, la pub autour de ce livre est mensongère ou alors, l'autrice aurait dû s'y prendre autrement. Si on choisit ce style d'écriture en plus de parler de dépression, c'est sûr qu'on ne rigolera pas. Et oui, je suis dure parce que la promesse n'est absolument pas tenue.

vendredi 25 septembre 2026

Strange buildings de Uketsu

Strange buildings de Uketsu
Auteur : Uketsu
Maison d'édition : Seuil
Date de sortie : 27 Mars 2026
ISBN : 9782021620498
Pages : 352
Prix : 21,90

Résumé : 

Onze bâtiments. Un terrible secret.

Un couloir sans issue. Une maison qui nourrit la noirceur. Un moulin perdu dans la forêt. Une pièce cachée. Un étrange sanctuaire. Une maison en feu. Un immeuble dont on ne peut s'enfuir.

Chaque bâtiment révèle une histoire à glacer les sangs.

Chaque histoire est la pièce d'un gigantesque puzzle.

C'est vous qui menez l'enquête.


MON AVIS : J'adore Uketsu. C'est l'un des rares auteurs qui me fait réagir pendant ma lecture. Je me suis ruée dessus à sa sortie. Uketsu arrive à nous surprendre à chaque roman. En fait, c'est complètement dingue parce que l'idée de base est toujours la même. L'auteur mène une enquête à partir de dessin. Ici, il est question de onze bâtiments et un secret. C'est comme des nouvelles qui n'ont rien à voir les unes avec les autres. Pourtant, le lien existe.

Pour une fois, je pensais avoir une idée de la réponse à ce thriller. Mais Uketsu est toujours pleins de surprises. Le début d'idée que j'ai eu était minime par rapport au reste. À chaque révélation, on enchaîne sur d'autres. Je suis entièrement d'accord avec le bandeau indiquant "virtuose". On ne peut s'empêcher d'enquêter, d'analyse et de réfléchir, on ne trouve jamais la réponse ou si peu que c'en est risible.

En bref, c'est encore une fois une réussite et une surprise face à cet énorme puzzle qu'à créer Uketsu. J'ai fini bouche bée et frustré de m'être une fois de plus faite complètement avoir. Je ne peux pas en dire beaucoup sous peine de vous gâcher la découverte. Je ne vous en conjure : découvrez cet auteur unique en son genre.

 

vendredi 4 septembre 2026

Le beurre de Manako de Asako Yuzuki

Le beurre de Manako de Asako Yuzuki
Autrice : Asako Yuzuki
Maison d'édition : Calmann Lévy
Date de sortie : 5 Avril 2023
ISBN : 9782702183496
Pages : 350
Prix : 22,90 (existe en poche)

Résumé : Le quotidien de Rika, jeune journaliste ambitieuse mais surmenée, est bouleversé quand elle rencontre Manako, une femme accusée d’avoir assassiné trois de ses amants.
Pleine d’assurance, Manako ne cache pas son amour pour la cuisine somptueuse grâce à laquelle elle a su garder ses hommes. Rika veut à tout prix l’interviewer, et Manako y consent à condition que celle-ci se plie à ses demandes culinaires. Fascinée par ce personnage, Rika accepte.
Mais en changeant de régime alimentaire, elle gagne quelques kilos et pour la première fois, subit le regard des autres. Entre emprise et velléités d’indépendance,
Rika va mener son enquête sur le passé trouble de Manako, tout en prenant conscience des injonctions de la société à l’endroit des femmes.
Inspiré d’un fait divers qui a défrayé la chronique, Le Beurre de Manako est un roman délicieux saupoudré de tension psychologique et un portrait panoramique du Japon contemporain.

MON AVIS : Ce roman est inspiré de faits réels. On suit Rika, une journaliste qui a obtenu une entrevue avec Manako, une femme accusée d'avoir tué ses amants. Sauf que pour avoir une interview, Manako pose des conditions auxquelles se plient Rika. Toutes ces conditions sont en liens avec la cuisine. On s'aperçoit très vite que la journaliste est fascinée par Manako.
 
Ce qui est fascinant chez Manako est qu'elle est loin des standards de beauté. Encore plus au Japon. Pourtant, des hommes se sont intéressés à elle. Et Rika va découvrir en respectant les conditions de Manako ce que celle-ci a vécu : être une femme hors des cadres de la société et donc le regard des gens, les remarques et autres. Je n'en dis pas plus pour ne pas vous spoiler mais l'idée principale est là.

Au fil des pages, on découvre l'emprise qu'à Manako, en prison, sur Rika. On ne peut pourtant s'empêcher de se poser des questions. On est partagé entre empathie face au regard dur de la société sur cette femme différente et voir en elle une violence dangereuse pour les autres. En fait, on est comme Rika.

En bref, ce roman est fascinant tant il porte un regard loin d'être beau sur le Japon par du regard de Rika et l'affaire Manako. Mais ce qui est remis en question est valable dans le monde entier.

mercredi 2 septembre 2026

Yellowface de Rebecca F. Kuang

Yellowface de Rebecca F. Kuang

Autrice : Rebecca F. Kuang
Maison d'édition : Ellipsis
Date de sortie : 2 Mai 2024
ISBN : 9782385620141
Pages : 352
Prix : 18,90 (existe en poche et en relié)

Résumé : June Hayward et Athena Liu ont étudié ensemble à Yale, ont déménagé à Washington après avoir obtenu leur diplôme et sont toutes les deux écrivaines, mais les similitudes s'arrêtent là. Athena est une étoile montante de la littérature, et June n'est personne. Après tout, qui s'intéresse de nos jours aux histoires d'une fille blanche aussi banale qu'elle ?

Lorsqu'elle assiste à la mort d'Athena dans un accident invraisemblable, June agit donc sans réfléchir et vole le manuscrit que son amie et rivale vient de terminer – un roman sur les contributions méconnues du corps des travailleurs chinois pendant la Première Guerre mondiale. Et si June corrigeait le récit et l'envoyait à son agent comme s'il s'agissait de son propre travail ? Et si elle adoptait le nom de Juniper Song et jouait sur l'ambiguïté de son origine ethnique ? Quelle qu'en soit l'autrice, ce morceau d'histoire ne mérite-t-il pas d'être raconté ?

Mais June ne peut échapper à l'ombre d'Athena, et des révélations menacent de faire s'écrouler son succès volé. Jusqu'où sera-t-elle prête à aller pour protéger son secret ?

MON AVIS : On rencontre June, une jeune femme américaine jalouse de Athena, son amie?. Elles sont toutes écrivaines mais pendant que la première ne perce pas, la seconde a le succès. Un soir, alors qu'elles sont chez Athena, cette dernière meurt. June voit le dernier manuscrit de Athena et décide de le voler. Elle est convaincu qu'en le transformant un peu, elle pourra le faire passer pour le sien. Et ça fonctionne mais jusqu'à quel point?

June est le genre de personnage que je déteste. Elle est dans l'ombre d'Athena. C'est même pire que ça. On comprend vite qu'elle est jalouse de Athena : de son succès, de son talent et de tant d'autres choses. June est sombre, manque de confiance en elle. Très franchement, elle ne voit pas Athena comme une amie mais comme une rivale ou un modèle inaccessible. 

En temps normal, quand je déteste un personnage, je suis incapable de lire le livre. La plume de l'autrice nous emporte dans l'histoire et nous invite à réfléchir sur beaucoup de sujets. Elle arrive même à nous apprendre des choses sur les travailleurs chinois pendant la Première Guerre Mondiale. Par le biais de June, elle nous montre ce qu'il se passe dans l'envers du décors de l'édition. Finalement, les apparences et l'argent sont plus importants que tout alors que le livre est sensé être autre chose. On aborde également les discriminations, l'appropriation culturelle et tant d'autres sujets d'actualités.

En bref, ce roman m'a bousculé dans le bon sens. L'autrice aborde tous les sujets sensibles du milieu de l'édition qu'on voit sur les réseaux sociaux et oblige le lecteur à réfléchir d'un point de vue différent. Et comme c'est toujours le cas avec R.F. Kuang, c'est brillant.

lundi 27 juillet 2026

La végétarienne de Han Kang

La végétarienne de Han Kang
Autrice : Han Kang
Maison d'édition : Le livre de poche
Date de sortie : 2 Mars 2016
ISBN : 9782253067900
Pages : 216
Prix : 8,40

Résumé : Une nuit, Yonghye se réveille et va au réfrigérateur, qu’elle vide de toute la viande qu’il contient.
Guidée par son rêve, elle a désormais un but  : devenir végétale, se perdre dans l’existence calme et inaccessible des arbres et des plantes.
Ce dépouillement qui devient le sens de sa vie, le pouvoir érotique, floral de sa nudité vont faire voler en éclats les règles de la société, dans une lente descente vers la folie et l’absolu.

MON AVIS : J'ai rarement lu un livre qui me fasse autant réagir pendant ma lecture. On suit Yonghye, une femme comme les autres qui décide de ne plus manger de viande et elle va aller plus loin en rêvant de devenir végétale. Le livre est coupé en plusieurs parties chacune écrite du point de vue d'une persone de l'entourage de notre personnage principale. 

On commence par son mari. Il est juste...Je n'ai pas de mots. Il considère sa femme comme une femme à tout faire, la juge et j'en passe. je ne sais pas comment elle a pu épouser un homme pareil. Et en temps, l'autrice critique les attentes de la société envers les femme. On a également le beau frère qui est fasciné par elle et la sœur. 

Au final, on a trois points de vue sur l'évolution de Yonghye. Chacun l'observe à différents moments de son évolution. Tout le monde a son avis sur la situation mais personne ne lui demande son avis ou le pourquoi du comment. Elle semble avoir décidé de vivre comme elle l'entend et coupé du monde. Jusqu'où ce rêve influence Younghye ou est-ce la société qui en a attendu trop?
 
En bref, j'ai été frappé par ce texte. L'autrice mêle habilement critique de société dans ce roman décrivant une femme du point de vue de l'entourage et la folie qui s'empare d'elle. 

vendredi 17 juillet 2026

Les grues volent vers le sud de Lisa Ridzén

Les grues volent vers le sud de Lisa Ridzén
Autrice : Lisa Ridzén
Maison d'édition : La peuplade
Date de sortie : 7 mai 2026
ISBN : 978-2-925416-89-0
Pages : 432
Prix : 23

Résumé : Bo n’a plus beaucoup de temps devant lui. À quatre-vingt-neuf ans, il vit isolé dans un village suédois et sa santé décline rapidement. Sa solitude n’est troublée que par le va-et-vient de ses aides à domicile. Parmi les rares choses qui lui restent, il y a les appels à son meilleur ami et la fidèle compagnie de Sixten, son gros chien auquel il tient comme à la prunelle de ses yeux. Bo aime s’endormir avec lui, sa main enfouie dans l’épais pelage. Quand son fils juge qu’il ne peut plus s’occuper d’un tel animal, l’orgueilleux Bo plonge dans un tourbillon d’émotions. Père et fils n’ont jamais su communiquer. Comment dire aujourd’hui ce qui compte vraiment? Bo dresse le bilan de sa vie, de ses liens familiaux, et se penche sur la façon imparfaite dont il a exprimé son amour au fil des ans.

MON AVIS : Depuis la sortie de ce roman, je m'arrêtais à chaque fois devant ce roman. Sans l'avis de mon amie libraire, je n'aurai pas franchi le pas. Pourtant, j'étais pleine d'appréhensions. On suit Bo, un homme de quatre-vingt-neuf ans vivant dans un village suédois. Il dépend des aides à domicile et a un chien Sixten. Son fils Hans passe régulièrement chez lui.

La plume de l'autrice est simple et efficace. On est vraiment dans les pensées de Bo. On ressent sa frustration, sa colère et sa tristesse. Les souvenirs se mêlent au présent de Bo. C'est par son passé que l'on découvre Fredrika, sa femme et Ture, son meilleur ami. Bo a du mal à se déplacer mais vu promener son chien. Sauf que son corps le rappelle à l'ordre. En parallèle, on suit la relation père/fils loin d'être simple.

Je cherche mes mots en écrivant cet avis. J'ai peur de ne pas choisir les bons ou rendre justice à ce roman incroyable. Ce roman est émouvant et très doux. C'est important d'aborder le sujet de la vieillesse et de la dépendance du point de vue de la personne concerné. La colère face à la perte d'autonomie est compréhensible. Ça nous pousse, lecteurs à faire preuve d'empathie. La décision de Hans de retirer Sixten à son père déchire le cœur. Personnellement, j'ai été partagé. Chacun aura son avis.

Il y a tant de thèmes abordés dont certains que j'ai mentionné au-dessus. J'aimerai juste m'attarder sur la communication entre le père et le fils. J'en ai voulu à Bo pour ce défaut au fil des pages. Quel tête de mule! Ce qu'il dit est tellement éloigné de ce qu'il pense...Il aime son fils mais ne sait pas communiquer. Presque comme un enfant. On peut saluer les personnages secondaires et surtout les aides à domicile. Autant vous dire que ce roman vous fera verser quelques larmes. Personnellement, je n'ai pu les empêcher de couler.

En bref, ce roman est magnifique et lumineux. Les émotions sont là sans jamais tomber dans le pathos. Ce livre devrait être lu par tout le monde afin de mieux comprendre ce que vivent les personnes âgées et les aides à domicile. Je manque de mots pour vous inviter à le lire. C'est un coup de cœur.

 

vendredi 10 juillet 2026

Lapin maudit de Bora Chung

Lapin maudit de Bora Chung
Autrice : Bora Chung
Maison d'édition : Rivages
Date de sortie : Mars 2025
ISBN : 978-2-7436-6633-0
Pages : 280
Prix : 9,20

Résumé : Un lapin envoûté qui dévore trois générations, une tête qui appelle sa mère depuis la cuvette des toilettes, des doigts glacés qui s'enfoncent dans la terre, un renard qui saigne de l'or, des cicatrices, des mots d'amour, du sang, un fantôme qui se hâte sur une grand-place de Pologne...
Maîtresse du réalisme magique, Chung Bora revêt dans ce Lapin Maudit les habits de la littérature de genre. Le lecteur pensera alors aux modèles féministes Margaret Atwood, Laura Kasischke et Cho Nam-joo. Et à Stephen King.
En développant un imaginaire sans limite, avec une exceptionnelle qualité littéraire, l'autrice offre des analyses complexes et fascinantes. Elle dénonce à travers ces dix nouvelles, qui tiennent parfois du conte ou de la fable, la cruauté de nos sociétés libérales, patriarcales et névrosées. Osez explorer les méandres ensorcelants de ce Lapin Maudit !

MON AVIS : Ce livre a été publié une première fois chez Matin calme mais je l'ai loupé. Heureusement, les éditions Rivages l'ont réédité en poche. Honnêtement, je préfère largement cette couverture qui reflète le contenu du recueil. L'autrice nous propose dix nouvelles à l'ambiance particulière. Je pourrai dire horreur mais je suis vigilante sur l'utilisation de ce mot. 

Je ne ferai pas un avis sur chaque nouvelle. Bora Chung sonde l'âme humaine et ses travers. Surtout ses travers. Vous trouverez des nouvelles qui pourront vous déstabiliser, une autre m'a rappelé les contes et d'autres sont mystérieuses. Tout est dans le sous-texte. Je trouve le résumé très juste. Rien qu'en le lisant, je me souviens de ce que j'ai lu et ressenti. 

En bref, j'ai été très surprise par ce recueil dont j'appréhendais un peu la lecture. L'autrice nous offre une critique intelligente des travers de l'humain bien au-delà de la simple critique de société. Je ne peux que vous recommander cette lecture qui vous fera réfléchir.

mercredi 17 juin 2026

Doll Bones de Holly Black

Doll Bones de Holly Black
Autrice : Holly Black
Maison d'édition : Rageot
Date de sortie : 21 Août 2024
ISBN : 9782700282511
Pages : 288
Prix : 16,90

Résumé : Zach, Poppy et Alice partagent une passion : les jeux de rôle avec des fi­gurines. Ils ont inventé un monde à eux, peuplé de pirates, de cruelles sirènes, de voleurs et de trésors. Ce monde est dirigé par la Sublime Reine, incarnée par une inquiétante poupée de porcelaine qui semble tout observer depuis sa vitrine. Un jour, un incident pousse Zach à arrêter le jeu. La nuit suivante, la poupée se réveille. Si les trois amis ne remplissent pas la mission qu’elle leur confi­e, ils ne connaîtront jamais le repos…

MON AVIS : J'adore Holly Black mais j'admets avoir hésité concernant ce roman. J'avais peur que ce soit trop jeunesse pour moi. Je commencerai par râler. Pourquoi seulement en relié? Si encore il y avait une valeur ajoutée mais même pas. Ça n'a aucun intérêt. On suit trois amis qui jouent ensemble à un jeu de rôle. Parmi les jouets se trouvent une poupée en porcelaine. Elle est très belle mais aussi flippante. Dans les descriptions, on s'aperçoit qu'elle bouge ou qu'on en a l'impression. 
 
Suite à une évènement, les trois amis vont partir à l'aventure ensemble. Ça fait un moment que je l'ai lu. Je m'attendais à un côté horreur plus présent. On ne sait finalement pas à quel point la dimension fantastique est exploitée. Il y a juste une scène qui m'a marqué et qui est vraiment horrible. Même pour moi adulte, j'ai été des plus surprise de lire ça dans une livre pour enfants à partir de dix ans. 
 
Ça reste une livre intéressant dans l'évolution de l'histoire qui pousse chacun d'entre-eux à se montrer tel qu'ils sont. On devine leur personnalité et leur évolution par leur expédition. Chacun pense différemment. J'ai apprécié le personnage de Zach et ce qu'il représente. Mais ce voyage va les obliger tous les trois à revoir leur point de vue.

En bref, c'était une chouette lecture dont j'attendais autre chose. En même temps, en repensant à un passage, je pense que la dose d'horreur est amplement suffisante. 

vendredi 12 juin 2026

L'odeur des clémentines grillées de Lee Do-Woo

L'odeur des clémentines grillées de Lee Do-Woo
Autrice : LEE Do-woo
Maison d'édition : Decrescenzo
Date de sortie : Octobre 2023
ISBN : 9782367271163
Pages : 400
Prix : 23 (existe en poche)

Résumé : 

Haewon quitte son emploi de professeur de dessin à Séoul et retourne au village de Bookhyun où elle a vécu lorsqu’elle était adolescente. Elle retrouve son ancien camarade de classe, Eun-seop, qui gère la petite librairie Goodnight. Rapidement, elle fait la connaissance des membres hétéroclites qui composent le club de lecture. Au fil des livres qu’ils partagent et d’un journal pas si intime, le quotidien de la librairie va se confronter à des secrets ensevelis et des sentiments qui ne tardent pas à refaire surface.

L’Odeur des clémentines grillées est une histoire de pardon et de guérison, une ode à l’amitié, à la tendresse et aux livres qui nous rassemblent.


MON AVIS : J'aime beaucoup cet éditeur. Et ce livre aborde un thème que je connais bien mais je vais y venir. On suit Haewon qui va retourner dans son village d'enfance, Bookhyun, suite à un burn out. Elle va être surprise de retrouver Eun-Seop, un ancien camarade de classe, gérant une petite librairie. Ce n'est pas qu'une romance puisqu'on va suivre Haewon qui va se découvrir au fil des pages et au contact du club de lecture de la librairie. On a de temps en temps un chapitre qui est un extrait du journal du libraire.
 
J'ai adoré l'atmosphère du roman. L'histoire se situe dans un village de montagne coupé parfois par la neige. Honnêtement, le fait que ça se passe en hiver apporte énormément à l'histoire. Ça donne envie de couper son téléphone et son ordinateur et de retrouver un vrai contact humain en petite communauté comme dans le livre. Ou de rester à lire un livre chez soi le soir. 
 
La plume de l'autrice est différente des plumes coréennes que j'ai pu lire. J'en ai trouvé la raison avant même de me renseigner. L'autrice est de Busan et ça se ressent. (j'espère que c'est bien pour cette raison) J'ai apprécié suivre Haewon et son évolution au contact des autres personnages surtout Eun-Seop. Il est tellement calme et posé. En fait, tout est très calme dans ce roman et tout le monde prend son temps. Personne ne court. Ça fait un bien fou. 
 
En bref, j'ai passé un chouette moment avec ce roman et ses personnages. ne serait-ce que pour cette ambiance particulière et cette librairie chaleureuse, je vous le recommande. Ce n'est pas un coup de cœur. Je ne sais pas ce qui a manqué mais j'ai le sourire en repensant à ce roman.

mercredi 3 juin 2026

Le grand maître de la cultivation démoniaque tome 2 de Mo Xiang Tong Xiu

Le grand maître de la cultivation démoniaque tome 2 de Mo Xiang Tong Xiu
Autrice : Mo Xiang Tong Xiu
Maison d'édition : Bookmark
Date de sortie : 16 Août 2023
ISBN : 9791038131972 (relié)
Pages : 444
Prix : 29,99 (relié)

Résumé : 

Retrouvez la suite des aventures de Wei Wuxian et Lan Wangji dans ce deuxième tome rempli de rebondissements.

Sur la piste d'un corps démembré, Wei Wuxian et Lan Wangji arrivent aux portes de la ville de Yi : une vieille ville abandonnée, enveloppée de brume et remplie d'esprits agités.
Dans l’ombre, un ennemi diabolique rôde, annonciateur d’une histoire tragique et déchirante. Et lorsque l'identité du mystérieux cadavre se révèle, Wei Wuxian se retrouve propulsé en plein cœur des intrigues politiques du monde de la cultivation. Un monde dans lequel il vaut mieux garder ses ennemis proches. Et Lan Wangji plus proche encore.


MON AVIS : Comment vous parler de la suite sans spoiler? C'est compliqué. On est toujours dans un mélange des genres. On est dans de la fantasy horrifique avec une enquête. Wei Wuxian et Lan Wangji cherchent toujours à reconstituer le corps démembré. Ils vont se retrouver dans une ville abandonnée. je n'en dirai pas plus volontairement.

N'ayez pas peur de ce côté horrifique. Personnellement, j'étais accaparée par l'enquête. J'ai été fasciné par l'évolution de l'histoire. Wei Wuxian reste fidèle à lui-même. J'adore ce personnage. À lui tout seul, il porte l'histoire. Mais sans Lan Wangji, ce ne serait pas tout à fait pareil. Ça me rappelle une scène du roman qui est juste génial. On adore voir Lan Wangji saoul.
 
La fin de ce second tome donne juste envie de se jeter sur la suite mais je m'en empêche. Bientôt sort le dernier tome et après il n'y en aura plus. Je ne sais vraiment pas comment va évoluer l'histoire et je ne veux rien savoir. J'adore cette saga hyper originale. Et surtout j'apprécie que la romance ne prenne vraiment pas toute la place. On a juste une scène de temps en temps et encore.
 
En bref, je suis une grande fan de cette saga. Il n'y a absolument rien à jeter. Tout est important. J'adore ce côté enquête sur plusieurs couches bien plus complexe qu'il n'y paraît. La suite m'attend sagement dans ma PAL mais je fais durer le plaisir volontairement. 

 

vendredi 29 mai 2026

Les biscuits de Kim Sun-Mi

Les biscuits de Kim Sun-Mi
Autrice : Kim Sun Mi
Maison d'édition : Seuil
Date de sortie : 7 Mai 2026
ISBN : 9791023522389
Pages : 256
Prix : 15,90

Résumé : Autour de nous errent des personnes tellement tristes, seules ou brisées qu’elles s’effacent peu à peu jusqu’à disparaître complètement.
Jeseong est le seul à pouvoir les entendre. Il est hypersensible aux bruits et capte ce que nous ne percevons pas. Il s’est donné pour mission d’aider ces êtres, qu’il surnomme les « biscuits », à reprendre confiance en eux.
En ce moment, sa vie est plus bruyante que jamais, entre les disputes de ses parents, les rires moqueurs des brutes du lycée et le tapage de ses nouveaux voisins.
Mais quand sa route croise celle d’un biscuit très particulier, Jeseong va devoir ignorer ce vacarme pour se concentrer sur l’essentiel.

MON AVIS : Jeseong est un lycéen atteint de misophonie, hyperacousie et phonophobie : trois troubles de l'audition. Cela lui permet d'entendre ceux qu'il appelle les biscuits. Il s'agit de personnes qui s'effacent peu à peu par manque de confiance en soi entre autres choses. Il leur vient en aide avec ses deux meilleurs amis jusqu'au jour où un biscuit plus particulier va changer sa perception de son don.

La couverture est simple et efficace. Je vous conseille de regarder à nouveau la couverture une fois la lecture terminée. Elle prendra tout son sens. Je suis ravie de découvrir un personnage atteint de trouble auditif de ce genre. Moi-même faisant de l'hyperacousie, j'ai totalement compris ce qui est décrit et l'enfer que ça peut être au quotidien. Son ouïe est si fine qu'on le prend parfois pour un fou au point d'être interné en hôpital psy. Et mention spéciale au passage des motards. Ça m'a fait rire.

Concernant les biscuits, j'ai beaucoup aimé le principe : rendre visuel le mal être des personnes. C'est même très précis avec trois stades. La méthode employé pour aider ces personnes en souffrance peut paraître très simple à la lecture. Pourtant, qui le fait au quotidien? Pas grand monde. On découvre quelques histoires différentes.

Concernant la construction de l'historie, j'ai été plus que surprise par l'évolution de l'histoire. C'en est même amusant. Je n'ai vraiment pas vu venir le retournement de situation. L'autrice aborde des thèmes différents. Évidemment, il est question de handicap mais aussi de psychiatrie, maltraitance, santé mental et harcèlement principalement. 
 
En bref, ce titre m'intriguait à sa sortie et je suis ravie de l'avoir lu. Cette lecture m'a fait du bien de par les thèmes abordés et de par son originalité. Je ne peux que vous le recommander.
 
Merci à Babelio et à la maison d'édition pour ce service presse 

mercredi 20 mai 2026

Le vagabond de Séoul de Kim Ho-Yeon

Le vagabond de Séoul de Kim Ho-Yeon
Auteur : Kim Ho-Yeon
Maison d'édition : Picquier
Date de sortie : Avril 2025
ISBN : 978-2-8097-1681-8
Pages : 320
Prix : 22

Résumé :
Madame Yeom est une vieille dame très digne et énergique qui veille avec sollicitude sur le bien-être des employés de sa supérette. Un jour, elle perd sa pochette contenant ses biens les plus précieux dans la gare de Séoul. C’est un vagabond qui va la retrouver et la lui rendre. Un homme abîmé par la vie, qui a oublié son passé et presque l’usage de la parole, mais se fait une idée très précise du bien et du mal.
Cette rencontre imprévue va opérer un tournant décisif dans leur vie à tous les deux.
Ce roman qui a conquis le cœur de plus d’un million et demi de lecteurs en Corée nous fait partager l’existence des employés et des clients d’une petite épicerie de quartier, qui est un îlot de chaleur humaine dans la solitude et l’âpreté de la capitale. Une jeune dramaturge en panne d’inspiration, un père de famille au bout du rouleau, un détective vieillissant un peu paumé… A chacun, Dokgo le sans-abri, désormais embauché par Madame Yeom pour le service de nuit à la supérette, va donner une clé pour dénouer la situation. Et nous, lectrices et lecteurs, savourons cette plongée dans la vie quotidienne d’un quartier de Séoul, et nous attachons à cet homme bourru à la carrure impressionnante et à l’identité mystérieuse, qui entame une renaissance, renoue avec lui-même et les autres, et avec la seule force de sa sincérité et sa bienveillance, accomplit des merveilles.

MON AVIS : Je ne remercierai jamais assez Élise de m'avoir parlé de ce roman à côté duquel je serai passée sinon. On rencontre Madame Yeom qui a perdu son portefeuille. Heureusement, un SDF, Dokgo, de la gare de Séoul l'a trouvé. Elle va décider de l'engager dans sa supérette. Dokgo est décrit comme un grand ours bégayant. Au début, il n'est pas franchement accepté. On lit même des clichés sur les SDF, des choses auxquelles on a tous pensé. 

Pour nous lecteurs, Dokgo semble être serviable et un peu naïf. Il croit en la gentillesse et le bon côté de chacun. Son arrivé va nous permettre de rencontrer d'autres personnages qu'il s'agisse d'employés ou de clients. Tous sont réfractaires mais au fur et à mesure, chacun va être confronté à lui-même. La force de ce roman est que l'auteur ne dévoile rien du passé de Dokgo avant la fin. On essaie donc par certains mots ou certaines phrases de deviner quelque chose mais rien. 
 
Par ce roman, on a un aperçu de la vie quotidienne de Séoul. On découvre le fonctionnement d'une supérette mais aussi les attentes de la société sur chacun et ses conséquences plus ou moins fortes. Je pense à ce père de famille ou au fils d'une employé. Même cette dernière est sous l'emprise de ces clichés si je peux m'exprimer ainsi. Madame Yeom, quant à elle, est une dame adorable et généreuse. Par contre, son fils est exécrable.
 
En bref, ce roman est un coup de cœur. Je ne m'attendais pas à une telle histoire. L'auteur a réussi à me surprendre en cassant les clichés sur les SDF avec brio au second plan pour mieux parler de la société coréenne par ces personnages secondaires.

vendredi 15 mai 2026

Le magasin qui n'ouvre que les jours de pluie de You Yeong-Gwang

Le magasin qui n'ouvre que les jours de pluie de You Yeong-Gwang
Auteur : You Yeong-Gwang
Maison d'édition : Robert Laffont
Date de sortie : 10 Avril 2025
ISBN : 9782221274705
Pages : 288
Prix : 19,50

Résumé : Il paraît que le Magasin La Mousson, situé dans la ville d'Arc-en-ciel, n'ouvre que les jours de pluie.
Que pour s'y faire inviter, il faut raconter ses malheurs sur papier, et les envoyer par courrier aux gobelins qui gèrent les lieux.
Que si ces derniers vous choisissent, en échange de votre visite ils vous offriront un grand bonheur...

Serine n'aurait jamais cru recevoir son invitation pour le magasin des gobelins... accompagnée d'un mystérieux carton d'or ! Une fois sur place, escortée par un drôle de chat aux pouvoirs imprévisibles, elle va partir à la recherche de son bonheur. Et elle devra faire vite : si elle ne le déniche pas avant la fin de la saison des pluies, elle pourrait être piégée chez les gobelins pour toujours.

MON AVIS : Je découvre la cosy fantasy sans trop le savoir. Rien que le titre me donnait envie de lire ce livre. On suit Serine, une fille de 17 ans qui vit avec sa mère dans un sous-sol d'un logement. Elles sont pauvres et Serine rêve d'intégrer l'équipe national de Taekwando. On découvre surtout qu'elle n'est pas heureuse. Sans trop y croire, elle décide d'envoyer une lettre racontant ses malheurs au magasin La Mousson. La particularité de celui-ci est qu'il n'ouvre que les jours de pluie comme l'indique le titre. Elle reçoit une invitation à s'y rendre afin de trouver le bonheur. Sauf que ce serait bien trop simple. 
 
On découvre le magasin et son environnement par le regard de Serine. Tout semble merveilleux. J'ai eu l'impression de lire une histoire qui aurait pu être un film d'animation des studios Ghibli. Comme Serine a un ticket d'or, elle a droit à un privilège : tester tous les rêves qu'elle veut avant de choisir celui qu'elle veut avant la fin de la saison des pluies. Elle est même accompagnée par un chat. Pour cela, elle va rencontrer plusieurs gobelins. Jusqu'à ce que....Je vous laisserai découvrir la suite.

J'ai adoré tous ces gobelins que rencontrent Serine. Ils sont tous différents et ont leur personnalité propre. Chacun gère un commerce. Dès son arrivée là-bas, on se doute que ce sera pas juste une promenade de santé. Les rêves que regardent Serine n'ont rien à voir les uns avec les autres. Certains pourraient même faire rêver tout à chacun. J'ai apprécié que l'auteur ne se soit pas contenté de ça et ait apporté autre chose à l'histoire.

En bref, j'ai adoré ce roman de cosy fantasy basé sur une légende coréenne que je ne connaissais pas. L'originalité réside dans l'utilisation des gobelins. Et le plaisir absolu d'avoir l'impression de lire un roman dans l'ambiance des films des studio Ghibli, un coup de cœur.
 

vendredi 1 mai 2026

Une saison à l'atelier de poterie de Yeon Somin

une saison à l'atelier de poterie de Yeon Somin
Autrice : Yeon Somin
Maison d'édition : Nami
Date de sortie : 13 Janvier 2025
ISBN : 9782493816573
Pages : 320
Prix : 20,90

Résumé :
Nuits blanches à répétition, week-ends inexistants… Après des années passées à travailler d’arrache-pied, Jeongmin claque la porte de la chaîne de télévision qui l’emploie et s’enferme chez elle pendant des mois, sans contact avec le monde extérieur. Un chaud matin d’août, alors qu’elle ne supporte plus d’observer les murs vides de son appartement à longueur de journée, elle s’aventure dehors et pousse par hasard la porte de l’atelier de poterie du quartier.
Accueillie par l’odeur de l’argile, la lumière tamisée et les effluves de café, Jeongmin se sent revivre. À mesure que la propriétaire l’initie à l’art ancestral de la céramique, elle découvre le plaisir de transformer l’argile de ses mains. Et tout comme ses créations révèlent leur beauté à la chaleur du four, le cOur de Jeongmin se réchauffe peu à peu au contact des habitués de l’établissement…
Véritable phénomène d’édition international, ce roman bouleversant rend hommage à l’art-thérapie et à son pouvoir apaisant.

MON AVIS : Comment vous parler de ce roman...Il fait partie de ceux dont il est compliqué d'avoir du recul tant il m'a parlé sur certains aspects. On suit Jeongmin, la trentaine, qui quitte son travail et reste enfermée chez elle longtemps jusqu'au jour où elle décide de sortir et tombe par hasard sur un atelier de poterie dans son quartier. Elle va s'y essayer et y rencontrer d'autres personnages. On va la voir évoluer au fil des pages. 
 
Commençons par Jeongmin. Au début, on suit cette période au cours de laquelle elle s'est isolée. On est vraiment dans ses pensées jusqu'à ce jour ensoleillée où elle se dit qu'il faudrait qu'elle sorte. J'ai eu l'impression de voir un film mais de manière objectif. Sûrement parce que le personnage principal est perdu. C'est lorsqu'elle rentre dans cet atelier de poterie que les choses deviennent intéressantes. On sent sa peur et sa curiosité. Une lueur se rallume en elle. On apprend vraiment à la connaître en douceur. C'est une femme gentille, sensible et qui manque de confiance en elle.
 
C'est par son regard qu'on découvre la poterie. Mon seul regret, c'est qu'il n'y a pas de définitions sur le vocabulaire employé (ou alors c'est moi qui n'est pas compris. Vu la période à laquelle j'ai lu le livre, ce n'est pas impossible). J'ai eu du mal à visualiser ce que je lisais. Par contre,  je suis fascinée par l'artisanat. Les descriptions des objets terminés sont justes sublimes et donnent envie de les voir en vrai. 
 
Pas mal de sujets sont abordés mais le principal est comment se reconstruire après une dépression. Forcément, l'art-thérapie est l'une des réponses mais pas seulement. Pour l'avoir pratiqué, je peux dire que c'est une aide, un moyen d'apprendre à se connaître. Le livre est des plus justes à ce niveau. J'ai juste eu du mal au tout début mais sûrement parce que j'étais en empathie avec l'héroïne.
 
En bref, c'était une chouette lecture mais j'en attendais plus. Je serai incapable de vous dire quoi. Je pense que si on était rentré directement dans l'histoire sans la partie introductive, j'aurai adoré. Mais je n'en suis pas certaine.

vendredi 24 avril 2026

Le soleil et ses fleurs de Rupi Kaur

Poétesse : Rupi Kaur
Maison d'édition : Pocket
Date de sortie : 5 Mars 2020
ISBN : 9782266298452
Pages : 256
Prix : 8,60

Résumé :

Le deuxième recueil de Rupi Kaur, l'auteur phénomène qui est devenue la voix de toute une génération.

c'est la recette de la vie
disait ma mère
lorsqu'elle me tenait dans ses bras quand je pleurais
pense à ces fleurs que tu plantes
dans le jardin chaque année
elles vont t'apprendre
que les gens eux aussi
doivent se faner
tomber
pourrir
se redresser
pour fleurir 
 
MON AVIS : Ce recueil est découpé en 5 parties. La première "faner" est consacrée à la séparation. Rupi Kaur décrit ce qu'elle ressent après le départ de l'amour de sa vie mais aussi de ces moments qui nous oblige à vivre même si l'envie n'est plus là. On trouve une illustrations à chaque page quasiment. Elle parle de l'amour au sens amoureux mais on a tous ressenti un jour la perte qui nous laisse à terre.

La seconde partie est intitulée "tomber". La poétesse y parle essentiellement de son histoire en tant que femme et de ce qu'elle a subit. Certains sujets sont justes mentionnés, d'autres plus détaillés. Tous sont nécessaires. Elle y critique le comportement des hommes, l'absence de  prévention mais aussi la dépression. On sent un mélange de faiblesse et de force. La reconstruction est en marche mais encore vacillante.

La troisième partie se nomme "mourir". Elle y parle de l'immigration, de l'histoire de sa famille. C'est surtout un hommage à sa mère qu'elle admire tant. On y apprend aussi le traitement des filles dans son pays d'origine. La partie suivante s'appelle " se redresser". On y parle du grand amour, de quelqu'un qui n'est pas parfait mais à l'écoute et pleins de douceur. C'est le moment pour la poétesse de réapprendre à aimer la bonne personne cette fois-ci. Enfin la dernière partie "fleurir" est pleine de pensées positives. La poétesse s'accepte telle qu'elle est et y verse le résultat de ce cheminement difficile mais nécessaire.

En bref, ce recueil aborde des sujets vastes et que tout le monde connaît. On peut tous s'y reconnaître. Forcément, la question féministe a une place particulière mais elle n'impose pas sa vision. C'est son histoire et elle en parle avec une plume magnifique. Le titre prend tout son sens au fil des pages.

vendredi 17 avril 2026

La semeuse de mots doux de Frank Andriat

La semeuse de mots doux de Frank Andriat
Auteur : Frank Andriat
Maison d'édition : Renaissance du livre
Date de sortie : 8 mars 2017
ISBN : 9782507055189
Pages : 192
Prix : 17,90

Résumé : Au fil d’une analyse, Clément tente de comprendre ce qui a dérapé dans sa vie. Il a besoin de reconstituer le puzzle de son existence pour retrouver l’équilibre. Nour, sa fille de quinze ans, est une porteuse de lumière. Elle l’accompagne de sa joie lorsqu’il rencontre Sophie et son petit Enzo. Ensemble, ils vont composer une nouvelle famille, mais, pour réussir ce pari, Clément doit avoir le courage d’affronter Justin, ce père qu’il n’a pas connu et que sa mère lui a toujours présenté comme un monstre. Petit à petit, les secrets se dévoilent et offrent de transformer les orages en éclaircies.

MON AVIS :  Frank Andriat est un auteur que j'apprécie beaucoup. Je l'avais découvert avec "Jolie libraire dans la lumière" que j'avais adoré. Ce titre me paraissait dans le même esprit. Honnêtement, il n'y a aucun point commun si ce n'est la plume de l'auteur. Je ne sais pas comment il fait mais dans chacun de ses romans, je n'ai retenu qu'une lumière chaleureuse. Je ne sais pas comment décrire ça autrement. À cela, ajoutons la plume très douce et poétique, je vous laisse imaginer la beauté du texte.

On suit Clément, père d'une adolescente de quinze ans, Nour. Il suit une thérapie. Cet homme est en couple avec Sophie, une femme qu'il rencontre, elle-même maman d'un petit garçon. Il semble avoir tout pour être heureux. Pourtant, quelque chose ne va pas. Nour est un ange sur terre. Elle est d'une élégance rare. Tout le monde rêve d'avoir une ado comme elle. Elle fait preuve de maturité, prend ses responsabilités. Elle est très calme et surtout très lumineuse. L'histoire ne serait pas la même sans elle.

Pour comprendre le problème, il faudra aller au bout de l'histoire. Est-ce que j'ai vu venir le dénouement? Oui et non. Je me suis doutée d'une partie mais pas du reste. Je ne vous listerai pas les thèmes abordés sinon je vous gâcherai potentiellement la surprise. Tout ce que je vous dirai qu'on peut deviner dans le résumé, c'est qu'il est question de secret de famille. C'est réaliste et au regard de l'époque, pas très étonnant.

En bref, l'auteur m'a une fois de plus surprise. On retrouve la plume de l'auteur avec ce personnage charismatique qu'est Nour et cette chaleur humaine qu'on retrouve si peu à l'heure actuelle.

mercredi 15 avril 2026

La triste fin du petit enfant huître et autres histoires de Tim Burton

La triste fin du petit enfant huître et autres histoires de Tim Burton
Auteur : Tim Burton
Maison d'édition : 10/18
Date de sortie : 20 Novembre 2008
ISBN : 9782264048738
Pages : 122
Prix : 10,20

Résumé : Dans la galerie des monstres, voici les enfants terribles ! Enfants momie, robots, vaudou ou toxique, tous sont déjà des écorchés de la vie. Armé de son humour noir inégalable et d'une infinie tendresse, Tim Burton prend sa revanche sur les premiers de la classe et met les cancres à l'honneur. Un régal.

Lorsque le maître incontesté de l'animation s'adonne à la poésie, il nous offre une œuvre originale illustrée, cruelle et plus magique que jamais.

MON AVIS : J'ai envie d'écrire : c'est du Tim Burton. Si vous adorez les films du réalisateur, vous allez adoré ce livre. Chaque page est illustrée dans l'esprit de ce que l'on connaît. Vous serez en terrain connu. Tous les personnages son différents. On sait l'attachement de Tim Burton pour cette thématique. Il l'utilise une fois de plus.

On trouve de tout. À chaque poème son émotion ou sa réaction. Certains font sourire, d'autres rire ou encore nous attriste. On y trouve aussi la cruauté humaine dans un emballage imaginaire. On pourrait penser que ça rendrait les poèmes plus doux. Il n'en est rien. En tout cas, pour ceux-là. Mais pour l'essentiel, mes réactions étaient celles que je peux avoir devant les meilleurs films du réalisateur (je pense à "Edward aux mains d'argent").

Les thèmes abordés sont évidemment la différence mais pas seulement. Il parle également d'amour, de la famille, de la solitude, de la mort ou  de la beauté. Il y a beaucoup d'enfants. L'écriture est atypique. il choisi les mots et la construction de manière à nous faire sourire malgré ce qu'il se passe.

En bref, ce recueil est à la hauteur de la réputation de Tim Burton. On retrouve l'essence de ce qui a fait ses plus grands films : l'humour noir et le gothique. À lire pour les amateurs du réalisateur.

vendredi 20 mars 2026

Le lecteur de cadavre de Antonio Garrido

Le lecteur de cadavre de Antonio Garrido
Auteur : Antonio Garrido
Maison d'édition : Le livre de poche
Date de sortie : 3 Juin 2015
ISBN : 9782253184195
Pages : 768
Prix : 10,40

Résumé : Ci Song est un jeune garçon d’origine modeste qui vit dans la Chine du XIIIe siècle. Après la mort de ses parents, l’incendie de leur maison et l’arrestation de son frère, il quitte son village avec sa petite sœur malade. C’est à Lin’an, capitale de l’empire, qu’il devient fossoyeur des « champs de la mort » avant d’accéder à la prestigieuse Académie Ming. Son talent pour expliquer les causes d’un décès le rend célèbre. Lorsque l'écho de ses exploits parvient aux oreilles de l'empereur, celui-ci le convoque pour enquêter sur une série d'assassinats. S'il réussit, il entrera au sein du Conseil des Châtiments ; s'il échoue, c'est la mort. C'est ainsi que Cí Song, le lecteur de cadavres, devient le premier médecin légiste de tous les temps. Un roman, inspiré par la vie d’un personnage réel, captivant et richement documenté où, dans la Chine exotique de l'époque médiévale, la haine côtoie l'ambition, comme l'amour, la mort.

MON AVIS : Ce roman est inspiré d'un personnage réel. L'auteur a fait beaucoup de recherches. Une bibliographie est disponible à la fin. On suit Ci Song qui a un avenir prometteur qui voit sa vie basculée à la mort de ses parents. Il va devoir fuir avec sa petite sœur malade. Il ne perd pas espoir de réaliser son rêve en retrouvant le juge Feng dont il était l'assistant. Mais rien ne va se passer comme prévu. Il va enchaîner les galères.
 
La plume de l'auteur est juste. On ressent les émotions de Ci Song. On visualise les décors et chaque scène. On désespère pour lui. On se demande quand cela va s'arrêter. Au cours de son périple, il va travailler comme fossoyeur. C'est comme ça qu'il va apprendre le plus et surtout pouvoir intégrer la précieuse académie dont il rêvait ce qui va le conduire à enquêter sur une série d'assassinats.

Le roman est coupé en deux. La première partie nous montre les difficultés rencontrées par le personnage principal avant de trouver ce qu'il cherche. La seconde partie met en avant une enquête qui va amener notre héros à faire le lien avec autre chose. Je n'en dis pas plus mais je peux vous garantir que vous ne trouverez pas le coupable. Son talent est plus que reconnu mais son bagage lui a amené à se montrer discret et à faire attention à tout ce qu'il dit. Il deviendra le premier médecin légiste de tous les temps. 
 
En bref, ce roman est passionnant. N'ayez pas peur de sa taille. Il n'y a pas de longueurs. On sent que l'auteur a fait des recherches. Et surtout, on ne voit rien venir du tout. J'ai été impressionnée par ce roman surtout basé sur un personnage historique.