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jeudi 3 avril 2025

#DRCL tome 1 à 4 de Shin'ichi Sakamoto

#DRCL tome 1 deShin'ichi Sakamoto
Mangaka : Shin'ichi Sakamoto
Maison d'édition : Kioon
Date de sortie : 25 Janvier 2024 (tome 1)
ISBN : 979-10-327-1803-2 (tome 1)
Pages : 246 (tome 1)
Prix : 7,95

Résumé : À la fin du xixe siècle, un vaisseau russe embarque d’étranges caisses remplies d’une terre à l’odeur pestilentielle. La traversée des océans est un calvaire pour l’équipage : disparitions et morts suspectes s’enchaînent. Certains parlent d’un fantôme… Quand le bateau parvient enfin à destination en Angleterre, il a tout d’une épave flottante. Alors que la police portuaire se lance à la recherche de survivants, elle tombe sur une énorme créature mi-homme mi-loup, qui disparaît comme par magie…
 
Quelques instants plus tard, dans le cimetière de la ville, quatre élèves du prestigieux établissement Whitby assistent à une scène terrifiante : un de leurs camarades est capturé par une bête ténébreuse ! Seule Mina Murray, l’unique fille de l’établissement, a le courage de voler à son secours, mais il est déjà trop tard…

MON AVIS : J'ai vu passer ce manga sur les réseaux sociaux. Rien que la couverture m'a interpellé et je ne parle pas des extraits sur les réseaux sociaux. Ajoutez à cela le nom du mangaka et je n'ai pas eu besoin de plus. J'avais tellement aimé "Innocent" que je n'ai pas hésité un seul instant à lire ce titre sans rien savoir. J'ai lu un peu le résumé mais, pour être franche, je ne m'en souvenais pas avant ma lecture.

On suit Mina, seule fille d'un établissement scolaire victime de son statut, qui va être la seule à venir en aide à un de ses camarades. Au préalable, on suit un navire possédant une cargaison qui se révèlera atypique. Je n'en dirai pas plus de peur de vous en dire trop. Je vous recommande de le lire sans rien savoir, c'est encore plus surprenant.

Le mangaka a choisi de revisiter le mythe de Dracula. Dans ce premier tome, on ne le rencontre pas mais on devine qu'on a affaire à un vampire. Tous les signes sont là dès le début. J'ai hâte de lire la suite et de voir comment les choses vont tourner. Bien que ce soit un tome de présentation, le suspens est parfaitement maîtrisé et nous prépare à la rencontre avec Dracula. Dans les tomes suivants, on en apprend plus. Comme dans ses titres précédents, le mangaka ne cache rien. Âme sensible s'abstenir. Je trouve qu'il va même beaucoup plus loin que dans "innocent". Dans le tome 4, il y a des graphismes qui étaient vraiment difficiles à regarder. Il arrive quand même à fasciner le lecteur malgré l'horreur.

Concernant les graphismes, c'est du même niveau que son précédent titre. Le mythe de Dracula va parfaitement avec l'esthétique que propose Shin'ichi Sakamoto. On trouve un réalisme incroyable qui ne peut qu'éblouir le lecteur. Le mangaka arrive à mêler élégance et parfois horreur. Les dessins en double page donnent la pleine mesure aux émotions que le dessinateur veut nous transmettre. Ce manga est vraiment très beau. Je suis admirative face à son travail. Je ne parle des subtilités qui nous poussent à regarder dans le détail les graphismes. Pour ceux qui ne sont pas sanglants.

En bref, Shin'ichi Sakamoto est pour moi une valeur sûre. Une fois de plus, il le prouve avec ce titre. J'ai hâte de voir ce qu'il va faire de Dracula même si on a une idée de ce qu'il adviendra des personnages à la fin du premier volume. Du moins, je le suppose.


jeudi 27 mars 2025

Le grand maître de la cultivation démoniaque tome 1 à 6 (manhua) de Mo Xiang Tong Xiu et Luo Di Cheng Qiu

Le grand maître de la cultivation démoniaque tome 1de Mo Xiang Tong Xiu et Luo Di Cheng QiuLe grand maître de la cultivation démoniaque tome 2 de Mo Xiang Tong Xiu et Luo Di Cheng Qiu






Autrice : Mo Xiang Tong Xiu
Illustrateur : Luo Di Cheng Qiu
Maison d'édition : Komogi
Prix : 14,95

Résumé :

Le manhua adapté de la saga à succès Mo Dao Zu Shi qui a donné vie à la série The Untamed.

Craint et détesté pour ses pouvoirs maléfiques, Wei Wuxian, le grand maître de la cultivation démoniaque, a été poussé à la mort lorsque les clans les plus puissants se sont unis pour l'anéantir.

Treize ans plus tard, Wei Wuxian renaît. Appelé par un jeune homme qui a sacrifié son âme lors d'un rituel interdit, Wei Wuxian doit maintenant se venger au nom de l'étranger sous peine de voir sa propre âme détruite.Mais alors qu'une entité maléfique se dévoile, un visage familier du passé de Wei Wuxian surgît au milieu du chaos - un puissant cultivateur qui aidera à faire la lumière sur les sombres vérités qui les entourent.

MON AVIS : Est-ce bien raisonnable d'acheter ce manhua alors que j'ai les romans? Non. J'ai bien essayé de résister au projet ulule mais les goodies proposées étaient bien trop tentantes. Et surtout l'éditeur nous traite comme des rois ou reines. Est-ce que le manhua vaut le coup? Est-ce qu'il apporte quelque chose à la version roman? Oui, à tout. Les graphismes sont de toute beautés. Les couvertures vous donnent un aperçue de ce que l'on trouve à l'intérieur. Ayant lu les deux premiers tomes de la version roman, le manhua respecte la trame parfaitement.

Je pense que pour les personnes qui ne sont pas familières de la culture chinoise, le manhua est beaucoup plus accessible. Il peut être aussi un complément. J'ai lu cette version-là pour me faire un rappel avant de lire le deuxième tome de la version roman. Franchement, ça nous apporte une nouvelle vision de l'histoire et beaucoup plus direct.

Pour ceux qui ne connaitraient pas, petit rappel des faits : on est dans de la fantasy chinoise. On suit Wei Wuxian, cultivateur, qui revient à la vie treize ans après sa mort dans le corps d'un autre. Ce dernier s'est sacrifié afin que Wuxian le venge. S'il respecte le pacte, il pourra rester en vie. Dans le cas contraire, il meurt. Sauf que rien n'est simple. Sur sa route, il va croiser Lan Wangji, visage qu'il connaît très bien. Dans cet univers de fantasy, vous croiserez des morts vivants et fantômes. C'est le rôle des cultivateurs que de s'en charger. Au fil des tomes, une enquête en apparence banale va prendre une ampleur considérable. Si vous cherchez de l'originalité, c'est vers ce titre-là qu'il faut aller.

J'adore la relation entre Wuxian et Lan Wangji. Elle évolue lentement mais sûrement. On alterne entre le présent et le passé. Ça nous permet de comprendre pourquoi leur relation est si complexe. On découvre les différents clans de cultivateurs et surtout l'intrigue est très complexe. On passe de scènes intenses à des scènes d'humour. Les 6 premiers tomes correspondent au premier tome du roman et une partie du tome 2.

En bref, j'adore cette série et ne regrette pas du tout d'avoir participé à ce projet ulule. Les goodies étaient sublimes mais le manhua est juste incroyable. Si vous voulez voyager et lire de la fantasy dans un univers loin de ce qu'on connaît, je vous recommande ce titre.

vendredi 21 mars 2025

Les abysses de Rivers Solomon

Les abysses de Rivers Solomon
Autrice : Rivers Solomon
Maison d'édition : Aux forges de vulcain
Date de sortie : 11 Septembre 2020
ISBN : 978-2-37305-091-2
Pages : 178
Prix : 18 (existe en poche)

Résumé : Lors du commerce triangulaire des esclaves, quand une femme tombait enceinte sur un vaisseau négrier, elle était jetée à la mer. Mais en fait, toutes ces femmes ne mouraient pas. Certaines ont survécu, se sont transformées en sirènes et ont oublié cette histoire traumatique. Un jour, l’une d’entre elles, Yetu, va leur rappeler, dans ce roman d’émancipation, magique et réflexif, sur la condition noire et sur l’impossibilité d’une justice, en l’absence de vérité.

MON AVIS : Merci à Babelio et à l'éditeur pour ce service presse.
On suit Yetu, une Wajinru (ou sirène), historienne pour son peuple. Elle est hypersensible et souffre de son métier et des attentes que cela entraine. Je précise que ce n'est pas historienne au sens où on l'entend. On ne peut que ressentir de l'empathie pour ce personnage fragile. À force de répondre aux attentes de tout le monde et d'exercer ce métier qu'elle n'a pas demandé, elle s'est perdue. Sauf que tout va changer lorsqu'elle va rappeler l'Histoire de son peuple aux autres wajinrus.

J'ai peur d'en dire trop. Le résumé est juste. L'écriture nous oblige à être attentif à chaque mot pour mieux visualiser les descriptions. Les émotions sont palpables et même puissantes. On est dans de l'hypersensibilité à l'état pur. C'est ce qui m'a bouleversé tant les pensées/émotions de Yetu font écho avec les miennes. Au fil des pages, Yetu va se retrouver et se découvrir. Elle va se confronter à des visions du monde différente. 

Au-delà de Yetu, ce sont les lecteurs que l'autrice cherche à pousser à la réflexion. Et ça fonctionne. Elle pose la question de l'importance de l'histoire, sa propre histoire au-delà de la grande et le lien entre les deux. On aborde beaucoup la santé mentale (hypersensibilité, anxiété, dépression) avec beaucoup de justesse sans que ce ne soit déprimant. En fait, ce roman est une réflexion sur la vie au sens large du terme. L'autrice parle de tant de sujets...Je ne saurai les énumérer.

En bref, ce roman m'a bouleversé et me fait réfléchir. Chacun le percevra de manière différente mais personne n'en ressortira indifférent. C'est impossible au regard de sa puissance émotionnelle. Le message de ce roman est lumineux.

 

mardi 18 mars 2025

Je ne suis pas folle de Clara Vialletelle, Titiane Vorano et Marie-Pierre Bard

Je ne suis pas folle de Clara Vialletelle, Titiane Vorano et Marie-Pierre Bard
Autrice : Titiane Vorano
Illustratrices : Clara Vialletelle et Marie-Pierre Bard
Maison d'édition : Édifice
Date de sortie : 2 Janvier 2024
ISBN : 9782494827035
Pages : 140
Prix : 27

Résumé : Non, Titiane n’est pas folle. Elle vient de passer deux mois dans une clinique de « santé mentale », mais non, vraiment, elle n’est pas folle. Dans ce roman graphique, Titiane vous livre son histoire : ce qui l’a menée à la clinique et surtout ce qu’elle y a vécu. Un récit émouvant, qui permet d’ouvrir les yeux sur l’importance de la santé mentale, mais également dédramatisant, puisqu’il est rythmé par le grand sens de l’humour de notre héroïne. 

MON AVIS : J'ai découvert cette bande dessinée grâce à Clara Vialletelle et sa bande dessinée sur la Corée du Sud. Rien qu'en voyant le titre, je savais que ce titre m'était destiné. Cette Bd est le témoignage de Titiane qui a vécu l'errance médicale jusqu'au jour de son hospitalisation. Son but est de montrer l'importance de la santé mentale et de déconstruire les croyances sur les hôpitaux psy. 

Autant vous dire que cette bande dessinée mériterait tellement d'être plus connu que ça tant le sujet est important. J'ai connu moi-même l'errance médicale. C'est un calvaire de se faire entendre quand le corps médicale ne vous écoute pas. Pour être franche, ce titre m'a touché aussi pour d'autres raisons qui me sont personnelles. Je ne peux que soutenir le message de Titiane et la remercie pour cette bande dessinée.
 
Concernant les graphismes, ils sont parfaits. On ressent vraiment les émotions de Titiane. Je repense à la zone de confort par exemple ou à tous ses petits progrès qui paraissent anecdotiques mais qui changent tout. On nous montre vraiment que ça peut arriver à n'importe qui sans qu'on en connaisse forcément la raison.
 
En bref, je manque profondément d'objectivité concernant ce titre. Je me contenterai de vous dire qu'il est important de prendre au sérieux la santé mentale à égalité avec la santé physique. On n'en soupçonne pas l'impact avant d'y être confronté.

vendredi 14 mars 2025

Strange pictures de Uketsu

Strange pictures de Uketsu
Auteur : Uketsu
Maison d'édition : Seuil
Date de sortie : 10 Janvier 2025
ISBN : 9782021578102
Pages : 288
Prix : 19,90

Résumé : Plus on regarde, plus ça devient étrange.
Un blog inquiétant, un enfant qui disparaît, un cadavre massacré, une jeune fille dans un centre de redressement… Quelle vérité choquante se dissimule dans ces « étranges images » ? !

Uketsu est l’écrivain le plus vendu au Japon, et le leader de la nouvelle vague des auteurs de thrillers et d’horreur. Artiste complet, il écrit, dessine, publie des vidéos d’horreur et de suspense et compose de la musique. On ne connaît pas sa véritable identité, il apparaît toujours vêtu de noir avec un masque blanc.

MON AVIS : Quand je pense que j'ai hésité à acheter ce livre... Quelle erreur j'aurai faite! J'ai complètement halluciné. Si je devais comparé ce livre à une forme géométrique, je dirai un cercle. Je n'en dirai pas plus sous peine de vous dévoiler des choses. J'ai vraiment peur de vous donner un indice sur quoique ce soit. Le résumé est parfait. Il ne faut vraiment rien dire de plus et se plonger dans cette lecture sans rien savoir. Je préciserai juste que si vous êtes inquiet concernant l'horreur, il n'y en a pas. C'est plus une tension qu'on ressent tant on est captivé par l'histoire.
 
Au début, on suit un étudiant qui va s'intéresser à un blog étrange et va essayer de comprendre pourquoi son auteur a arrêté de publier. J'ai déjà l'impression d'en dire trop et pourtant, je sais que pour ceux qui ne l'ont pas lu, ce n'est rien. L'auteur a parfaitement construit son intrigue mais ça va bien au-delà. Même le choix des mots est important. Je tiens à saluer le travail du traducteur au passage. L'auteur utilise différents formats : l'écrit et le dessin. Je vous mets au défi de comprendre tout avec les dessins. C'est vraiment impossible.

On ouvre le livre sans penser qu'on finira addict. Je pensais ne lire qu'un chapitre. Finalement, j'en ai lu deux d'un coup. Et les deux autres le lendemain. La seule raison pour laquelle je n'ai pas lu le livre en une fois, c'est parce que c'était une lecture commune. J'ai voulu être sage. Habituellement, je vous mentionne les thèmes mais je n'en dirai rien non plus. Honnêtement, je ne dévoilerai probablement rien mais je préfère ne pas prendre de risques. 

En bref, j'ai eu un énorme coup de cœur pour ce livre. Si vous cherchez à être surpris, je ne peux que vous recommander ce roman atypique. 

 

mercredi 12 mars 2025

Un mort par page de Daniel Fohr

Un mort par page de Daniel Fohr
Auteur : Daniel Fohr
Maison d'édition : Robert Laffont
Date de sortie : 11 Janvier 2007
ISBN : 9782221107874
Pages : 180
Prix : 20

Résumé : Alors qu'il vient d'être plaqué brutalement par sa fiancée et que les morts pleuvent autour de lui, notre héros, pour se sortir de sa logique d'échec, souscrit trois pactes avec lui-même : tomber amoureux, écrire un best-seller, se construire un corps d'athlète. Pas facile pourtant de se tenir à d'aussi bonnes résolutions lorsque l'on croise le chemin d'un serial killer aux méthodes très particulières…Dans ce livre parodique du polar classique, la lecture est pimentée par la contrainte littéraire et extravagante que l'auteur s'est imposée : avoir un mort par page. Cet exercice de style est une véritable gageure, fertile pour débrider l'imagination. Les morts ici vont du réel au virtuel en passant par le symbolique. Qu'il s'agisse de la mort réelle d'un personnage de l'histoire, de celle supposée de Paul McCartney, ou bien encore de "feuilles mortes" ou de "tuer le temps"… Page après page, le lecteur se surprend à jouer avec cette mécanique et à guetter le mort (s'il ne le trouve pas, il se fait aider par un index en fin de livre).

MON AVIS : J'ai découvert l'auteur avec "la vague qui vient" que j'avais adoré. Il me fallait donc découvrir ses autres romans. Quand j'ai vu le titre de ce livre, je n'ai pas pu résister. Sans parler de la quatrième de couverture qui m'a bien fait rire. Ce n'est pas ce que vous voyez ci-dessus. 
 
L'auteur s'est lancé un défi : écrire un mort par page. Ce qui explique le titre. Rien de glauque dans ce roman...Ou très peu. Il exploite la mort aussi au sens propre que figuré mais aussi de bien d'autres manières. Autant vous dire que je me suis prise au jeu de chercher cette mort par page. Et je n'ai pas réussi. Je me suis tellement laissée porter par le texte que j'en ai oublié de les repérer. Un index se trouve à la fin pour les réponses.

Pour l'histoire, on suit un homme qui a une poisse légendaire. Il frôle la mort tout le temps (oui, je fais beaucoup de répétitions mais au regard du thème, c'est compliqué de faire autrement) à tel point que ça en devient comique. D'ailleurs, c'est ce que j'aime avec Daniel Fohr. Il y a une légèreté dans sa plume qui fait sourire voir rire le lecteur même lorsqu'il écrit quelque chose qui pourrait être triste. Sous cet air de défi, l'auteur profite pour aborder des thèmes universels comme le culte de l'apparence physique entre autres choses.

En bref, je me suis prise au jeu de chercher les morts tout en appréciant cette histoire qui nous emmène de surprises en surprises. Je ne peux que vous recommander de lire les romans de cet auteur.

vendredi 7 mars 2025

Le goûter du lion de Ogawa Ito

Le goûter du lion de Ogawa Ito
Autrice : Ogawa Ito
Maison d'édition : Picquier
Date de sortie : Août 2022
ISBN : 978-2-8097-1598-9
Pages : 272
Prix : 19

Résumé : Ce qui fait de ce livre grave et pudique un roman solaire, c’est d’abord le lieu  : l’île aux citrons dans la mer intérieure du Japon, qu’il faut gagner en bateau  ; et encore, l’image magnifique de l’union de la mer, du ciel et de la lumière : la   mer scintillante, illuminée par un incroyable sourire, surplombée par la Maison du Lion, ce lieu de paix où Shizuko a choisi de venir pour vivre pleinement ses derniers jours en attendant la mort.
Avec elle, nous ferons la connaissance des pensionnaires – ses camarades, ses alliés et pour tout dire, sa nouvelle famille – ainsi que de la chienne Rokka qui s’attache à elle pour son plus grand bonheur. En leur compagnie, il y aura aussi les goûters du dimanche où grandit peu à peu son amour de la vie quand on la savoure en même temps qu’un dessert d’enfance, une vie qui aurait le goût de la fleur de tofu, d’une tarte aux pommes ou des mochis-pivoines.
Avec la délicatesse d’écriture que nous lui connaissons dans ses précédents romans, Ogawa Ito entraîne peu à peu Shizuko sur un chemin de poésie dont la mélodie possède la voix grave et conciliante d’un violoncelle  ; un chemin apaisé comme pour dire la gratitude d’exister.

MON AVIS : Je suis fan de cette autrice. Pour être franche, j'ai acheté ce roman un peu les yeux fermés. "Un peu" parce que j'ai lu le résumé. Si ça n'avait pas été elle, je n'aurai pas pris de risque. Le thème abordé est difficile : la fin de vie. On suit Shizuku, une femme de 33 ans atteinte d'un cancer en phase terminal. Avec l'aide de son médecin, elle décide d'arrêter les soins et de finir sa vie à la maison du Lion. Ce lieu est spécialisé pour ça. Les résidents font ce qu'ils veulent. La seule obligation : assister à l'heure du goûter le dimanche à 15h.

Ce livre est loin d'être déprimant même si je vous conseille quand même de prévoir des mouchoirs pour la fin mais j'y reviendrai. Au début, j'ai eu du mal. Ça fait plusieurs lectures comme ça. J'ai besoin d'un temps d'adaptation pour renter dans l'histoire. Ici, je pense que j'étais en empathie totale avec l'héroïne qui a le même âge que moi. Ce qui pourrait expliquer l'émotion qui m'avait envahi. Aimant pratiqué l'art de la fuite émotionnelle, j'ai pausé le livre. Pour mieux le reprendre. En apparence, on pense que Shizuku a accepté la situation. On découvre qu'il n'en est rien. Les décisions qu'elle a prise vont plus ou moins se retourner contre elle.
 
On suit son quotidien dans ce lieu pas comme les autres. On imagine cette maison donnant sur la mer, un ciel bleu limpide proche des vignes. On image l'atmosphère calme et détendu dont tout le monde rêve sur cette petite île des citrons. (elle s'appelle vraiment comme ça). Cet endroit est géré par une infirmière pour le moins atypique. Je vous laisse découvrir son nom. Ça m'a fait rire au début et j'ai été surprise à chaque fois que je l'ai lu. L'explication nous est donnée. L'histoire de cette infirmière qui tient en un paragraphe est vraiment touchante. C'est l'art des japonais de savoir en si peu de mots vous toucher en pleins cœur.

Aussi étonnant que ça puisse paraître, la nature est très présente mais la nourriture tout autant. Tous les résidents ont la possibilité de remplir un document pour demander un dessert en particulier. Chaque dimanche, l'infirmière tir au sort l'un d'entre eux. Elle lit le texte avant la dégustation. Cette idée merveilleuse a un réel impact sur tout le monde et pas seulement sur la personne concernée. Il y en a qui donne vraiment envie. J'aurai adoré y goûter. Ces japonais et la nourriture...

Concernant Shizuku, bien qu'elle soit en fin de vie, va évoluer psychologiquement au contact de tout le monde. Il y a une vrai philosophie de vie dans les réflexions. On sait tous que c'est plus facile à dire qu'à faire mais elle accepte tout ce qu'elle a vécu que ce soit positif et négatif. Elle arrête surtout de se mentir à elle-même tout au fin de son cœur. On a tous des désirs enfuies qu'on ignore. Et c'est ce dont ce livre nous parle : comment leur permettre de s'exprimer.

La fin est sublime. J'aime lire ces livres qui sublimes la mort tout en pudeur et montre qu'il y a un après. Je vous laisse découvrir ce que je sous-entends par là. Pourtant, l'autrice ne cache pas ce que le cancer implique. Les symptômes sont décrits mais avec douceur. Je ne sais pas comment elle fait tout comme la traductrice (on oublie trop souvent de saluer leur travail) pour exprimer tant avec des mots si simples. Je suis toujours ébahie.

En bref, même si le début a été un peu difficile pour moi, la suite a été une pure merveille. Je ne le mets pas en coup de cœur parce qu'à mon sens, ce n'est pas le meilleure roman de l'autrice. Je salue la capacité d'écrire avec tant de douceur et de joie sur un sujet si difficile.

mercredi 5 mars 2025

La montagne du Tao de Yohan Cœurderoy et Lorenzo Chiavini

La montagne du Tao de Yohan Cœurderoy et Lorenzo Chiavini
Auteur : Yohan Cœurderoy
Dessinateur : Lorenzo Chiavini
Maison d'édition : Soleil
Date de sortie : 21  Août 2024
ISBN : 9782302098824
Pages : 128
Prix : 18,50

Résumé :
Cette fiction initiatique de La Médecine autrement part à la découverte de la conception de la santé pour la Médecine Traditionnelle chinoise, intimement liée au récit de la création du monde de la pensée taoïste.
« Un long voyage commence par un pas. » Fanny arrive à Shanghai en 1937 pour parfaire ses études de littérature chinoise. Grâce à Taiming, un négociant en herbes médicinales, elle plonge dans la conception du monde, du corps et de l'équilibre dans la pensée taoïste. L'expérience d'un court voyage sur une montagne isolée, et la rencontre de pratiquants du Tao, la changeront pour toujours.

MON AVIS : Quand ma libraire adorée a reçu cette bande dessinée, j'ai bien essayé de résister mais impossible. Le Tao est quelque chose dont on entend forcément parler si on s'intéresse à la Chine. Ce pendant, je ne me suis jamais demandée ce que c'était. Ce qui est dommage. On suit Fanny qui arrive à Shanghaï pour écrire son mémoire. Elle est accueillie par l'associé de son père, Hughes. 

Je vais commencer par l'objet-livre. Les graphismes sont sublimes. Certaines planches sont dignes de certaines peintures chinoises. Les couleurs sont à l'image de la couverture essentiellement. La nature y est très présente. Fanny est une jeune femme très curieuse et souhaite en apprendre plus sur la culture chinoise notamment le Tao. Hughes va lui présenter Taeming. Hughes est le personnage occidental par excellence. L'auteur l'utilise sûrement afin de démontrer la différence entre la culture chinoise et occidentale. 

Si vous avez peur que ce livre soit juste un cours sur le taoïsme, il n'en est rien. L'auteur a créé une histoire afin de rendre le tout plus accessible et de permettre au lecteur de prendre le temps. J'ai appris énormément de choses sur le Tao. Le lien entre le corps et l'esprit me parle totalement de part ma pratique du yoga. Dans la bande dessinée, l'auteur présente d'autres pratiques comme le qigong ou le taijichuan. C'est vraiment intéressant et très juste.

En bref, cette bande dessinée est très intéressante. Vous apprendrez énormément de choses sur des pratiques dont on a tous entendu parler sans forcément en comprendre la subtilité.