mercredi 14 janvier 2026

Nonbinaires de Martin Page

Nonbinaires de Martin Page
Poétesse : Martin Page
Maison d'édition : Bruno Doucey
Date de sortie : 5 Avril 2024
ISBN : 978-2-36229-460-0
Pages : 88
Prix : 14

Résumé : Nonbinarité, LGBTQIA+, queer, genderfluid, agenre, demiboy, demigirl… Il fallait un poète pour entrer sans effraction dans l’espace sémantique d’un des tabous de notre temps. Pour déployer, sans le froisser, l’origami d’un terme souvent mal compris, galvaudé ou banni, conspué ou trop étroitement porté en étendard. Avec Martin Page, les mots refusent leur assignation à résidence dans une pensée caricaturale. Son texte, travaillé à la frontière entre essai et poésie, dans une langue simple et imagée, se veut lui-même espace ouvert à la liberté d’interprétation du lecteur. Il n’assène rien, il n’impose rien. Son domaine est celui de la nuance et du mouvement, de l’ouverture et de la tolérance, sans lesquels il devient impossible d’appréhender la complexité du monde. Un livre qui aide à se penser soi-même comme un autre.

MON AVIS : J'adore cette maison d'édition. Lorsque j'ai vu que ce titre allait sortir, je voulait le lire. Je savais que j'aimerai ce recueil mais je ne pensais pas à ce point là. Iel propose un livre hors norme aussi bien dans le fond que dans la forme. Iel met en lumière un sujet dont on parle si peu. J'ai mis beaucoup de post-it.

J'ai été touché par ce recueil bienveillant, pleins de douceur qui a réussi à me faire pleurer à la page 73 dans la postface. Ce livre est un hymne à la différence et au-delà, d'être soi-même peu importe les normes. La poésie lui permet de critiquer la société dans laquelle on vit. En contrepartie, iel explique les impacts qu'elle a sur les personnes hors des codes, en marge.

On pourrait penser que le recueil ne s'adresse pas qu'aux personnes nonbinaires. Il n'en est rien. Tout le monde peut se retrouver dans ses poèmes. Certains, je dirai même beaucoup, ont raisonné en moi. Je pense à ce poème dans lequel Martin Page exprime le fait qu'iel a joué un rôle mais aussi les douleurs de la vie. On a tous été blessé. Sur la place public, on joue tous un rôle, au moins en partie. Encore plus sur les réseaux sociaux. On fait tous attention à ce qu'on dit ou fait.

En bref, ce recueil de poésies m'a profondément touché et raisonne en moi. On y trouve un combat bienveillant, de la douceur et la volonté du vivre ensemble en acceptant l'autre comme il est. Ce livre devrait être lu par tout le monde.


lundi 12 janvier 2026

Tristesse et beauté de Yasunari Kawabata

Tristesse et beauté de Yasunari Kawabata
Auteur : Yasunari Kawabata
Maison d'édition : Le livre de poche (origine : albin michel)
Date de sortie : 10 Janvier 1996
ISBN : 9782253932536
Pages : 192
Prix : 6,90

Résumé : Oki, le romancier vieillissant, cherche à revoir un ancien amour. Elle avait seize ans, lui plus de trente. Au lendemain de la rupture, elle avait trouvé refuge chez les fous, lui dans l’écriture d’un roman qui devait lui apporter argent et gloire. En sortant de chez les fous, elle choisit de ne plus se donner qu’à l’art et devint peintre renommé. Un quart de siècle plus tard, il tente de renouer avec le passé. Mais le destin a placé aux côtés de la femme peintre une élève de dix-sept ans, diaboliquement belle et diaboliquement dévouée à son professeur.

MON AVIS : Je découvre cet auteur ayant reçu le prix nobel de littérature avec son dernier roman. Était-ce une bonne idée? Je ne sais pas. Qu'est-ce que j'en ressors? Aucune idée si ce n'est un sentiment de malaise. Je tiens à rappeler que ce roman est sorti en langue original en 1964. Vous allez vite comprendre pourquoi.

On suit un écrivain, Oki. Il décide de retrouver 20 ans après un ancien amour à l'occasion de la nouvelle année en regardant les cloches sonnées. Certes, il va avoir ce qu'il veut mais il ne va pas être reçu comme il l'espérait. En effet, Otoko est accompagné par une élève de 17 ans Keiko. On sent dans l'atmosphère que Otoko souhaite garder ses distances avec Oki.

Par ces retrouvailles, on découvre l'histoire qu'ils ont connu. Sur le coup, ça m'a mise mal à l'aise, Oki ayant 31 ans et Otoko 16ans à l'époque. Je me suis rappelée l'époque de publication du livre. Seulement, le malaise vient surtout du comportement de Keiko qui a décidé de venger sa professeur. Malgré le refus de cette dernière, elle n'en démord pas. C'en est même effrayant tant elle semble ressentir quelque chose de malsain pour Otoko. 

Plus on avance et moins on sait comment les choses vont se passer. Cette sensation étrange nous poursuit tout au long de la lecture. C'est la première fois qu'une lecture provoque ce type de sensation bizarre. J'ai trouvé la fin injuste et en même temps c'est ce qu'on appelle le retour du bâton. Par contre, la dernière page sous-entend quelque chose. Je pense avoir compris le sous-entendu mais sans certitude étant donné que rien n'est écrit clairement. Si c'est bien le cas, c'est une fin à la fois négative et positive.

Ce livre pose la question des conséquences de nos actes qui peuvent survenir longtemps après. On sent que le passé a un impact puissant sur tous les personnages sur le présent. On sent toutes les rancœurs et les émotions accumulées qui se déploient de plus en plus au fil des pages. Pour ce qui est du titre, la tristesse correspond à l'histoire et la beauté aux descriptions des paysages japonais qui font rêver.

En bref, ce roman est un savant mélange de beauté des paysages japonais et des femmes décrites ainsi que de la tristesse accumulée par Oki et surtout Otoko. Je ne sais toujours dire si j'ai aimé ou non ce livre tant il est atypique. Pour sûr, j'ai réagi mais ce que j'en ressors est plein de paradoxe.

vendredi 9 janvier 2026

Le bal des folles de Victoria Mas

Le bal des folles de Victoria Mas
Autrice : Victoria Mas
Maison d'édition : Livre de poche
Date de sortie : 31 Mars 2021
ISBN : 9782253103622
Pages : 240
Prix : 7,90

Résumé :

1885 : comme chaque année, à la Salpêtrière, se tient le très mondain « bal des folles ». Le temps d’une soirée, le Tout-Paris s’encanaille sur des airs de valse et de polka en compagnie de femmes déguisées en colombines, gitanes, zouaves et autres mousquetaires. Cette scène joyeuse cache une réalité sordide : ce bal « costumé et dansant » n’est rien d’autre qu’une des dernières expérimentations de Charcot, adepte de l’exposition des fous.
Dans ce livre terrible et puissant, Victoria Mas choisit de suivre le destin de ces femmes victimes d’une société masculine qui leur interdit toute déviance et les emprisonne. Parmi elles, Geneviève, dévouée corps et âme au célèbre neurologue ; Louise, abusée par son oncle ; Thérèse, une prostituée au grand cœur qui a eu le tort de pousser son souteneur dans la Seine ; Eugénie enfin qui, parce qu’elle dialogue avec les morts, est envoyée par son propre père croupir entre les murs de ce qu’il faut bien appeler une prison.


MON AVIS : Tout le monde a lu ce livre à sa sortie. Tout le monde a vu le film qui a l'air génial. Et moi, j'ai lu le livre peu de temps après la sortie du film. J'avais peur d'en attendre trop et je pense que ce que je redoutais s'est produit. On a tellement parlé du sujet de ce livre que je n'ai pas eu beaucoup de surprises.

On rencontre Eugénie, une jeune femme qui se retrouve à la Salpetrière parce qu'elle a trop de caractère mais surtout parce qu'elle communique avec les morts. Cette femme est tellement solide et sûre d'elle qu'on ne comprend pas la décision prise par son père alors qu'elle prouve qu'elle n'est pas folle. Malheureusement, le patriarcat l'emporte sur tout. Personne n'a voie au chapitre. Le plus cruel est qu'elle découvre la situation une fois arrivée sur place.

Par son biais, on découvre les patientes de l'hôpital mais aussi le personnel. Parmi elles, Louise, une adolescente touchante pleine de bonne volonté. Elle subit des expériences dans le cadre de séances publiques. C'est juste écœurant ce qu'on lui fait subir. Et je ne parle pas de la suite. Il y a également Thérèse, ancienne prostituée d'une gentillesse incroyable. Elle se plaît à la Salpetrière. Enfin, le personnage pivot, Geneviève, infirmière. Elle est totalement dévouée aux médecins. C'est la présence de Eugénie qui va l'obliger à se poser les bonnes questions.

Rien que cette partie est révoltante puisqu'on se rend compte qu'aucune de ces femmes ne sont hystériques. Bien au contraire, elles ont toutes leur tête. Pour les divertir soit-disant, l'hôpital organise un bal tous les ans. Autant vous dire que c'est à ce moment-là qu'on voit toute l'absurdité de ce moment. Je ne m'étendrai pas sur le sujet. Je vous laisse découvrir pour ceux qui ne l'auraient pas encore lu.

En bref, j'ai trop attendu de ce livre. Je me retrouve donc avec une lecture mitigée du fait du tapage médiatique et de tout ce qu'il a engendré en reportage et autres sorties littéraires même si je reconnais son importance.

mercredi 7 janvier 2026

Sentimental journey de Seiko Tanabe

Sentimental journey de Seiko Tanabe
Auteur : Seiko Tanabe
Maison d'édition : d'est en ouest
Date de sortie : 2024
ISBN978-2487164017
Pages : 320
Prix : 18

Résumé : Ce voyage sentimental prend place dans une société chamboulée au sortir de la guerre, à une époque où les femmes revendiquent leur égalité et où le parti communiste gagne en popularité dans les esprits japonais.
Parmi ces femmes, nous retrouvons Yuiko, qui aime expérimenter ses relations en femme libre. Tayoko, qui connaît sa valeur et ne se laisse plus leurrer par les hommes. Moeko, qui décide de vivre le vrai amour même si pour cela elle doit transgresser la morale, et enfin le duo formé par Kie et Tomoko, l’une faisant face à sa belle-mère et l’autre à ses parents, qui refusent de suivre « le droit chemin » des jeunes japonaises de l’époque.

MON AVIS : Je voulais rendre mon avis fin 2025 mais j'ai eu une panne de lecture et je ne voulais pas me forcer. Ce recueil est écrit par l'auteur de "Josée, le tigre et les poissons". Vous trouverez huit nouvelles qui ont pour points communs de parler des relations homme/femme. On découvre des femmes qui semblent se conformer aux attentes de la société mais dans les détails, c'est bien différent. D'autres décident de vivre librement quitte à ne pas plaire.

Un autre thème abordé est l'évolution de la société et de ses traditions notamment par la nouvelle génération. C'est particulièrement le cas dans la nouvelle "éternel chance avec les femmes" dans laquelle Tomoko décide de tout pour elle-même sans l'avis de ses parents. J'ai adoré le sous-entendu que j'ai beaucoup retrouvé dans ce recueil selon lequel les hommes veulent toujours plus. Ils reprochent beaucoup aux femmes alors qu'ils ne sont pas les plus fidèles. Je vous laisserai découvrir le résultat par vous-même.

En bref, j'ai apprécié ce recueil qui dévoile un Japon gris et met en avant la différence entre les hommes et les femmes tout en montrant l'évolution de la société.
 
Je remercie la maison d'édition pour ce service presse. 

dimanche 4 janvier 2026

BONNÉE ANNÉE : POINT RÉCEPTION DÉCEMBRE 2025

Bonne année et bonne santé à tout le monde! Ou en tout cas, du mieux possible. Je ne parle pas trop de ma vie personnelle mais pour une fois, je vous raconte une de mes mésaventures administratives au moment des fêtes de fin d'année. J'espère que ça évitera à d'autres de se faire avoir. Petite précision : je vis dans le Nord.

Pour revenir aux livres, j'ai fini l'année avec des démons et je l'ai commencé avec des fantômes😁. Je sais que beaucoup publie leur statistique ou leur bilan. Je ne sais pas trop quoi écrire pour un bilan mais si vous voulais mes statistiques, je peux partager celles de babelio si ça vous intéresse.

vendredi 19 décembre 2025

Horizons obliques de Richard Blake

Horizons obliques de Richard Blake
Auteur : Richard Blake
Maison d'édition : Urban comics
Date de sortie : 26 Avril 2024
ISBN : 9791026828013
Pages : 160
Prix : 20,85

Résumé : Il y a plusieurs années, Jacob et Elena Armlen, un couple d'explorateurs, se sont retrouvés piégés dans une étrange dimension parallèle aux paysages insaisissables, à l'architecture changeante, peuplée d'entités malicieuses, laissant derrière eux leur fille en bas âge, Adley. Bien des années plus tard, Adley a grandi mais n'a jamais oublié ses parents. Dotée d'un pouvoir de clairvoyance et accompagnée de Staden, un robot à la sensibilité très humaine, elle se lance à leur recherche.

MON AVIS : Vous savez que moi et les bandes dessinées, c'est toujours compliqué. Je me fie toujours aux avis de ma libraire. Celle-ci m'avait intrigué mais je ne m'étais pas attardée. Mon amie libraire nous l'a présenté en club de lecture et j'ai craqué.

On est dans le futur. Un couple d'explorateur a disparu. Leur fille a décidé de les chercher avec l'aide d'un robot. Les graphismes sont absolument dingues. Certaines pages m'ont rappelé le film "inception". Ça n'a rien à voir entre les deux. Il n'est pas question du monde des rêves. Ici, il est question de mondes parallèles. C'est franchement fascinant et étrange. Il faut juste se laisser porter.
Au-delà des planches absolument sublimes, j'ai adoré les personnages. Adley a une personnalité très posée et des capacités de clairvoyance. On ne parle pas de magie. C'est comme une méditation. En parallèle, on suit Staden, un robot bien plus humain que les humains eux-mêmes. Il est aussi très calme et aime voyager. J'ai adoré la présence de la 2 chevaux tellement vintage dans cet univers futuriste. 

En bref, j'ai été fasciné par cette bande dessinée. Si vous cherchez de l'originalité, foncez. Vous ne serez pas déçus. Je serai incapable de classer ce titre tant je n'ai pas d'éléments de comparaison. C'est une excellente surprise aussi bien dans le fond que dans la forme.

vendredi 12 décembre 2025

Le corps don de Nawel Ben Kraïem

Le corps don de Nawel Ben Kraïem
Poétesse : Nawel Ben Kraïem
Maison d'édition : Bruno Doucey
Date de sortie : 14 Juin 2024
ISBN : 978-2-36229-463-1
Pages : 120
Prix : 15

Résumé : Ce pourrait être des secrets de femmes. Des mots que l’on étouffe à peine nés. Des tabous, des murmures, des silences, les chagrins ravalés de celles qui se taisent parce qu’avant elles toutes les femmes se sont tues. Mais avec Nawel Ben Kraïem, les mots ne se terrent pas au fond des poches, au fond du cœur, au fond des cours. Ils explosent sur la page en bouquet de couleurs. Ils vrillent. Ils swinguent. Ils dansent. Ils disent le ventre rond, le ventre vide, le ventre qui saigne, le corps en vrac et le corps social, le corps et ses mystères, le corps de l’enfant qui vient au monde aussi. Avec elle, les mots de la poésie sont habités par un profond élan de vie. « Je suis mère deux fois et enfant tant de fois… », écrit-elle. Une femme danse, une femme chante, une femme écrit : écoutez-la, elle est porteuse d’un chant tout neuf.


MON AVIS : J'ai découvert la poétesse avec le recueil "J'abrite un secret" que j'avais adoré. Je n'ai pas hésité un seul instant avant d'acheter celui-ci. Par contre, j'ai fait une erreur. La poésie se lit au calme et j'ai choisi de le lire sur mon lieu de formation. Forcément que ça n'allait pas fonctionner. Heureusement, je l'ai relu pour écrire mon avis. La poétesse l'a probablement écrit pendant sa grossesse.

Autant on ressentait une colère sourde dans son précédent recueil, autant on ressent un apaisement dans celui-ci. Elle évoque des souvenirs dans lesquels on sent des blessures ancrées. Elle refait son histoire tout en portant un regard sur la société critique et très juste. Certains poèmes m'ont touché personnellement. Je pense à celui qui s'appelle "peur". Ce recueil  pourrait se résumer avec celui qui conclut le livre.
 
La poétesse évoque la maternité dans la dernière partie notamment par une lettre sublime adressée à sa fille. Le passé, le présent et le futur s'emmêlent. On sent le chamboulement qui s'opère et les espoirs pour sa fille. C'est aussi pour ça qu'elle parle des femmes. À la fin du livre, on trouve des QRcodes nous permettant d'écouter certains poèmes mis en musique disponibles sur youtube.

En bref, ce recueil est aussi beau que le précédent. On sent l'apaisement, la nostalgie et les blessures qui restent.

mercredi 10 décembre 2025

La vague montante de Marion Zimmer Bradley

La vague montante de Marion Zimmer Bradley

Autrice : Marion Zimmer Bradley
Maison d'édition : Le passager clandestin
Date de sortie : Octobre 2019
ISBN : 978-2-36935-233-4
Pages : 144
Prix : 9

Résumé :

En 1955, Marion Zimmer Bradley imagine une sociéte d’abondance frugale soustraite à l’empire de la technologie.


MON AVIS : Qui n'a pas entendu parler de cette autrice? Je pensais commencer avec la saga sur Avalon mais non. C'est avec cette nouvelle de science fiction que je l'ai découverte. On suit un groupe d'astronaute qui, après des années dans l'espace, vont enfin pouvoir atterrir. Malheureusement, le monde qu'il découvre n'est plus du tout celui qu'ils ont connu. Est-ce malheureusement ou heureusement?

Dans ce texte datant de 1955, on est surpris par l'imagination de l'autrice. Les sujets abordés sont ceux qui nous préoccupent le plus aujourd'hui. C'est assez effrayant. L'équipage du vaisseaux pensait trouver un monde plus évolué que le leur. Il n'en est rien. Ils vont découvrir un village qui est revenu au base. Certains vont l'accepter tandis que d'autres vont rejeter ce qu'ils voient. Je pense surtout à un personnage pour qui ce sera très dur.

L'autrice oppose deux mondes : Celui prônant les nouvelles technologie quoiqu'il en coûte et une société qui prône le respect de la nature et de l'autre sans la notion d'argent. Ce second mode de vie fait rêver. Bien qu'il soit plus difficile sans les nouvelles technologies, les habitants ne sont pas à courir après l'argent. Ils s'entre-aident en fonction de leur connaissance et de leur savoir-faire. Ils n'utilisent que le strict minimum.

En bref, j'ai été surprise par cette nouvelle simple et efficace qui n'a jamais été autant d'actualité. Pour une entrée en matière en science fiction, je trouve que c'est une excellente base.

vendredi 5 décembre 2025

Porc braisé de An Yu

Porc braisé de An Yu
Autrice : An Yu
Maison d'édition : Delcourt
Date de sortie : 9 septembre 2020
ISBN : 9782413038214
Pages : 197
Prix : 20

Résumé :

Un matin d’automne, Jia Jia pousse la porte de la salle de bains de son opulent appartement de Beijing et découvre son mari sans vie dans la baignoire. Il a laissé pour elle, sur le lavabo, le dessin énigmatique d’un homme-poisson. Cette étrange figure aquatique ne cessera dès lors de la hanter. Perdue et sous le choc, Jia Jia déambule dans la ville, boit plus que de raison, et noue peu à peu une relation avec un barman qui semble appartenir à cette seconde espèce d’hommes, ceux qui guérissent plutôt qu’ils ne blessent.

Libérée d’un mariage asphyxiant, Jia Jia se redécouvre, renoue avec sa passion pour la peinture et affronte son passé et toutes ces choses que ceux qu’elle aime ont trop longtemps tues. Une odyssée intérieure qui la mènera jusqu’aux plateaux du Tibet et cet autre monde auquel elle aspire et qui la terrifie.


MON AVIS : Vous connaissez ma passion pour l'Asie. Pourtant, j'ai un peu de mal avec la Chine. Pour dire, j'ai longuement hésité à acheter ce livre. C'est les avis en ligne qui m'ont convaincu. Honnêtement, le titre est intriguant. On se demande pourquoi appeler un roman comme ça. En quatrième de couverture, il est précisé qu'on sentait une inspiration type Haruki Murakami. Sauf que, n'est pas cet auteur qui veut.

On suit Jia Jia, femme marié, qui découvre son mari mort dans la baignoire de la salle de bains dans une position particulière (on sent que c'est un point important). Sur le lavabo, elle trouve un dessin d'un homme-poisson. En se basant sur l'idée de base, oui, ça peut rappeller les idées un peu dingue de Murakami. Mais ça s'arrête là. Une fois le choc de la mort de son mari, elle va aller boire un verre tous les soirs dans le bar qu'ils fréquentaient. Elle va apprendre à connaître le barman.

Ce roman m'a profondément frustré. Quand on regarde la quatrième de couverture, on s'attend à ce que le barman joue un rôle important. Je n'en ai pas eu l'impression. C'est sûr que c'est un point lumineux dans un monde sombre mais je n'ai pas vu le lien si important sous entendu dans le résumé. J'ai l'impression d'avoir lu tout ça sans comprendre le but de l'autrice. C'est là toute la différence avec Haruki murakami.

Peut-être que le fait d'avoir mentionné un auteur incontournable en 4ème de couverture a influencé ma lecture. Je ne sais pas. Les personnages ont manqué, selon moi, de profondeur. J'ai eu le sentiment qu'on restait toujours en surface. C'est dommage. L'autrice commençait à dénoncer les mariages arrangés en Chine, plus tard, la culture chinoise en passant par les films et séries. C'est bien mais c'est comme si elle le mettait sans approfondir pour passer à autre chose. Quand un auteur veut faire ça, il doit le faire au bout. Après, j'ai pensé à la censure chinoise. C'est sûrement pour ça qu'elle ne fait que survoler le sujet. Mais ça en fait un défaut.

L'héroïne va se retrouver au Tibet. J'en attendais beaucoup. Je pensais qu'on y arriverai plus tôt. Pareil, j'ai eu un problème. Certes, on voit la différence social mais par rapport à l'homme-poisson ou quoique ce soit d'autres, j'ai été un peu perdu. Je n'ai pas compris l'idée de l'autrice. De plus, je ne comprends pas pourquoi ce titre au regard de ma lecture. Je n'ai qu'une hypothèse mais elle est plutôt décevante.

En bref, le livre est très écrit mais le manque de profondeur m'a fait perdre sûrement l'envie de comprendre ou quelque chose de ce genre, je ne sais pas. J'en ressors frustrée. L'idée de base était bonne mais pas exploité comme il faut.