jeudi 21 juin 2018

Le facteur émotif de Denis Thériault

Auteur : Denis Thériault
Maison d'édition : Le livre de poche
Date de sortie : 31 Mai 2017
ISBN : 9782253066187
Pages : 168
Prix : 6,60

Résumé : Bilodo a vingt-sept ans, il est facteur et mène une existence tranquille. À l'ère des mails et des téléphones portables, il n'a plus souvent l'occasion d'acheminer une lettre personnelle. Alors, quand il en trouve une dans le flot de courriers administratifs et de publicités, il lui fait faire un petit détour et, le soir venu, ouvre l'enveloppe à la vapeur pour en découvrir le contenu. Sagement, le lendemain, il la remet à son destinataire. Son petit vice va le conduire à faire la rencontre épistolaire de Ségolène, qui écrit régulièrement des haïkus à un certain Gaston Grandpré. Tandis que son amour pour l’inconnue grandit à l'abri du réel, un étrange coup du sort va lui offrir une opportunité providentielle…

MON AVIS : Ce livre est arrivé dans ma bibliothèque par le biais d'une box littéraire. Je n'en attendais pas grand chose. J'ai été assez surprise. L'auteur a évité les clichés. En effet, Bilodo adore lire la correspondance des autres surtout celle de Grandpré à base de Haïku. Lorsque ce dernier décède, Bilodo va faire quelque chose de dingue : prendre la place de Bilodo.

L'histoire paraît simple mais ça ne l'est pas. Son ami va se moquer de lui et va l'humilier en place public. La notion de harcèlement est très bien abordée. C'est surtout les préjugés qui sont abordés. Pas seulement sur le facteur qui fouille le courrier mais également sur la poésie, les relations amoureuses. La relation d'ailleurs est très jolie si on retire l'usurpation d'identité.

J'ai également appris énormément sur le Haïku. On sent que l'auteur a fait des recherches et pas qu'un peu. Pour avoir lu un ouvrage sur le sujet, je peux vous dire que l'auteur pourrait enseigner sur le sujet. J'ai même appris ce qu'est un tanka. C'est dire. Comme quoi on apprend tout le temps.

En bref, ce roman était fort sympathique mais inoubliable à mon sens.

mardi 19 juin 2018

Le pays des contes tome 1 : le sortilège perdu de Chris Colfer

Le pays des contes tome 1 : le sortilège perdu de Chris Colfer
Auteur : Chris Colfer
Maison d'édition : Michel Lafon
Date de sortie : 15 Mai 2015
ISBN :  9791022401395
Pages : 478
Prix : 7,00

Résumé : Il était une fois, dans une ville parfaitement ordinaire, des jumeaux prénommés Alex et Conner… Le jour où leur grand-mère leur offre un livre ancien, Le Pays des contes, leur vie plutôt morose change du tout au tout. Et pour cause ! Ce grimoire se révèle  magique et les transporte dans un univers où les contes sont devenus réalité. Sauf que ce monde est beaucoup moins merveilleux que celui des belles histoires qu’ils ont lues. Boucle d’Or est une criminelle recherchée, Blanche Neige dissimule un lourd secret, et le Petit Chaperon Rouge n’a même plus peur du loup. Pour rentrer chez eux, Alex et Conner n’ont qu’un seul moyen : rassembler huit objets magiques comme la pantoufle de Cendrillon ou encore des cheveux de Raiponce, tout en tentant d’éviter les foudres de la Méchante Reine. Car cette dernière semble avoir un plan machiavélique qui pourrait bien piéger les jumeaux dans cette étrange contrée. À tout jamais.

MON AVIS : J'ai failli oublier de faire la chronique de ce livre. Ce n'est pas bien du tout. J'étais tellement sûre de l'avoir faite. J'ai lu ce livre dans le cadre du challenge mystère de Frogzine. Je ne suis pas vraiment conte de fée mais j'étais très curieuse de le lire. C'est surtout que j'ai fait la bêtise d'acheter le tome 3. J'ai donc du acheter les deux premiers.

Au début, on  rencontre Alex, une adolescente solitaire, intelligente et première de la classe dans laquelle se trouve Connor, son frère jumeau. Il est complètement l'inverse d'elle. Il s'endort en classe, est adoré par ses camarades et surtout accumule les heures de colle. Pourtant, ils s'entendent très bien. Ça fait un an que leur père est décédé. Ils vont, pour leur anniversaire recevoir le livre "Le pays des contes" que gardait leur grand-mère. Ce livre va les emmener dans les contes de fée mais pas forcément ceux que l'on connaît.

Blanche neige est beaucoup plus logique et moins naïve. Boucle d'or est bien sauvage et une victime. Le chaperon-rouge m'a fait rire de part son arrogance. Cendrillon est bienveillante et loin d'être idiote. Bref, ces femmes vont toutes avoir un rôle à jouer dans la quête des jumeaux. J'ai apprécié cet aspect. Autre aspect important : les hommes sont rares. Il y en a deux principalement présents : la grenouille et le marchand. Et j'oubliais un garde dont j'ai oublié le nom. C'est le cas de le dire.

Je trouve que ces déformations des contes permettent d'apporter une cohérence qui manque dans l'original. De plus, les jumeaux mènent une quête qui va les obliger à se surpasser, à aller au-delà de leur capacité. Il ne faut pas oublier que c'est destiné à la jeunesse donc si vous cherchez quelque chose de dingue, passez votre chemin. C'est une lecture que vous ne lâchez pas et qui vous permet vraiment de changer complètement d'univers. Du coup, de l'action, il y en a mais pas des évènements qui vont durer trente pages. Par contre, cela s'enchaîne donc pas le temps de beaucoup souffler.

On garde quand même les codes des contes par le biais du comportement des jumeaux au cours de leur aventure. Ils font preuve de bienveillance, d'écoute, d'entraide et tendent la main aux personnes dans le besoin. Y compris face à l'ennemi.

En bref, j'ai adoré ce premier tome et il me tarde de retrouver ce duo attachant dans la suite de la saga d'autant que tous les tomes sont officiellement sorties.


vendredi 15 juin 2018

Point lecture du 15 juin 2018

En compagnie de Mrs Dalloway de Virginia Woolf

En compagnie de Mrs Dalloway de Virginia Woolf

Autrice : Virginia Woolf
Maison d'édition : Folio
Date de sortie : 14 Septembre 2017
ISBN : 9782072726736
Pages : 96
Prix : 2euros


Résumé : Joie d’une promenade dans Londres au début de l’été, sentiment de honte dans une robe démodée, intensité d’une rencontre qui ne s'avouera pas… Ces cinq nouvelles, esquisses ou variations sur la réception tenue par Clarissa dans Mrs Dalloway, sont une immersion dans les mouvements intérieurs les plus imperceptibles de la fascinante héroïne de Virginia Woolf et de quelques-uns de ses invités. 


MON AVIS : Je découvre enfin cette autrice dont j'ai entendu beaucoup parlé. Il s'agit d'un court recueil de nouvelles qui ont pour point commun la réception de Mrs Dalloway. La première novuelle la concerne d'ailleurs. Je n'ai pas compris l'intérêt de celle-ci si ce n'est de découvrir cette femme qui va être plus ou moins à l'origine des suivantes.

On suit une femme qui va avoir honte de sa robe, deux personnes se rencontrant finissant par se détester, une femme timide et solitaire accompagné d'un homme qui va comprendre malgré elle certaines choses et encore une autre que j'ai oublié. Toutes ces nouvelles ont un point commun : les pensées réelles de ces personnages. Tous ont montrent un visage qui n'est pas le leur. On va suivre leur pensée et leur doute au fil de ces nouvelles.

J'ai beaucoup aimé ces textes qui montrent que peu importe le statut social, on a tous nos faiblesses. Je pense que j'essaierai de lire un roman de cette autrice espérant que ce soit aussi bien écrit et aussi profond.

mercredi 13 juin 2018

Femmes d'argile et d'osier de Robert Darvel

Femmes d'argile et d'osier de Robert Darvel
Auteur : Robert Darvel
Maison d'édition : Les moutons électriques
Date de sortie : 1 Mars 2018
ISBN : 978-2-36183-447-0
Pages : 264
prix : 19,90

Résumé :
Le 24 juillet 1911, Pérou ; au terme d’une expédition partie de Cuzco, Hiram Bingham (modèle d’Indiana Jones) découvrait l’extraordinaire site inca du Machu Picchu ― et il se désintéressa aussitôt des ruines ensevelies par la forêt depuis quatre siècles, car il avait rencontré le matin même au pont de Mandor Pampa, après un chassé-croisé de cinq jours, une superbe femme d’osier, d’argile et très peu vêtue de cuir rouge, égarée hors du reflet dissimulé sous la vieille montagne. Et lorsqu’il s’agit de la raccompagner, impossible de retrouver « l’œil » par lequel elle s’était glissée chez nous. Depuis toujours, ce « passage » est disputé par des hommes de rouille et de fer perdus, eux, dans les brumes de « l’en deçà » lors de la conquête espagnole.
Sauvages, Indiennes invisibles, espiègles poupées hautes comme la main, pierre qui parle, muletier en sureau démontable, unijambiste dévoré par sa prothèse-greffon ― ainsi qu’un scaphandre vivant et une très vieille, très sage et très forte femme ne seront pas de trop pour aider le véritable Hiram Bingham à avancer dans la jungle de l’Altiplano, à combattre des conquistadores-zombies et à ramener Magdala et son amie Puccãlpina chez elles… ou dans un autre ailleurs hallucinant...

MON AVIS : La couverture de ce livre est juste sublime. Lorsque j'ai vu le résumé, j'étais sûre que ça me plairait. Entre les incas et l'archéologie, le combo était forcément gagnant. Et bien, pas si simple.
L'écriture est très descriptives parfois trop. On s'attarde beaucoup sur la faune et la flore de la forêt. Il y a également beaucoup de personnages dont certains ont plusieurs noms. Heureusement les plus emblématiques sont reconnaissables entre mille. C'est une lecture qui demande beaucoup de concentration et pas seulement.

Les femmes d'argile et d'osier se sont fait beaucoup attendre au cours de la lecture. Elles apparaissent soudainement. Ça ne m'a pas dérangé tant que cela mais c'est très abrupte. Les explications les concernant n'arriveront qu'assez tardivement.

Le début du roman est long et très lent. Lorsqu'on rentre enfin dans le vif du sujet, j'avoue avoir été un peu perdue d'autant plus que ma patience a été mise à rude épreuve. Certains évènements se passent sans aucunes explications. Comment les conquistadors espagnols se sont retrouvés dans cette situation? Aucune réponse pas même à la fin. 

Au final, on a un roman polyphonique et donc des points de vues différents sans jamais avoir de réponses aux questions. Ce qui aurait peut-être amené un plus au roman, cela aurait été d'avoir le point de vue d'un des personnages qui ne se montre que dans les cent des dernières pages. Je suis sûre que, là, on aurait eu des réponses et une explication plus sérieuse que " c'est comme ça depuis des centaines d'années". L'origine, imaginez vous-même.

J'allais oublier de vous parler de la fin. Une catastrophe. Je n'ai jamais vu un roman se terminant comme ça. On pourrait crier au génie puisque cela renvoie à un passage précis du roman mais je l'ai trouvé trop recherché pour si peu.

Je précise que ce roman pourra plaire à d'autres. Je n'en doute pas un instant. Peut-être que ces lecteurs auront une autre vision de ce roman. Peut-être que c'est simplement moi qui en attendez tout autre chose.

En bref, je suis passée à côté de ce roman. Je ne sais pas à qui je le conseillerai. J'en suis navrée.

lundi 11 juin 2018

La servante écarlate de Margaret Atwood

La servante écarlate de Margaret Atwood
Autrice : Margaret Atwood
Maison d'édition : Robert Lafon
Date de sortie : 16 Novembre 2017
ISBN : 978-2-221-20333-0
Pages : 544
Prix : 12,50

Résumé : Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d'esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred, servante écarlate parmi d'autres à qui l'on a ôté jusqu'à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de sa femme. Le soir, en regagnant sa chambre à l'austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler...
En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté. Parue pour la première fois en 1985, La Servante écarlate s'est vendue à des millions d'exemplaires à travers le monde. Aujourd'hui un classique de la littérature anglophone, ce roman, qui n'est pas sans évoquer 1984 de George Orwell, décrit un quotidien glaçant qui n'a jamais semblé aussi proche de la réalité, nous rappelant combien fragiles sont nos libertés.

MON AVIS :  Je pense que tout le monde a entendu parler de ce roman et de l'adaptation en série télévisée. J'ai beaucoup appréhendé cette lecture de part son thème d'autant plus d'actualité qu'il a été écrit dans les années 80. C'est dans ces moments-là où on se met à flipper à fond. Pourquoi?

Parce que rien n'a changé. Certes, il y a les mouvements Time's Up et me too mais il y a également des voix qui continuent de tenir les même discours. On peut ajouter le racisme, les inégalités peut importe leur forme et l'impact de la religion qui court encore aujourd'hui. Ce n'est pas moi. C'est le roman.

La société décrite par l'autrice glisse doucement vers une nouvelle vision dirigée par des hommes de catégorie sociale élevé. Ils ont décidé, suite à la baisse de la fertilité, d'engager des femmes fertiles comme esclaves sexuelles qui leur donneront un héritier que leur femme appelé Épouse élèvera comme si c'était le sien. Joie! (ironie quand tu nous tiens)

La femme qui est en moi s'est attendu à tout au fil de la lecture. Le style est particulier. Le roman est écrit du point de vue de Defred, la servante. Elle raconte le fil de ses journées et ce qu'il s'y passe. Comme si c'était normal. Ça ne l'empêche pas de penser et de faire preuve en elle-même de sarcasmes et d'ironie. Cette société interdit la culture et tout ce qui est considéré comme déviant. 

J'ai été pas mal secoué par certaines phrases, qu'aujourd'hui encore, on peut entendre. Lors d'un évènement, une servante en apprentissage (beurk) explique avoir été violée lorsque l'ancien monde existait. Le but est qu'elle prenne conscience que ce n'est pas le violeur le coupable mais elle. Elle l'a cherché. Ça vous rappelle quelque chose? L'autrice ne fait pas dans les longueurs. Bien au contraire. Les mots frappent avec latence mais comme il faut. Ce n'est pas choquant mais ça donne matière à réfléchir.

Outre le fait évident que les femmes sont les victimes de ces idées nouvelles, les hommes semblent un peu regretter cette idée puisqu'ils sont également victime de ce système. En effet, seuls les familles admises en haute société peuvent prétendre à avoir une servante. Les autres sont chauffeur ou garde et n'ont surtout pas le droit d'avoir une épouse ou de toucher une femme. Vous comprenez?

Ce roman est bien plus complexe qu'il n'y paraît puisque l'on aborde bien plus que les inégalités sociales ou sexuelles. On y parle de l'impact du nucléaire, de l'écologie et des révolutions scientifiques. Les guerres et le terrorisme sont utilisés comme excuse pour expliquer les nouvelles lois au tout début du nouveau régime. Protéger la population en douceur jusqu'à ce qu'ils profitent de ça pour étouffer les femmes.

En bref, ce roman est un incontournable à lire d'urgence. Ça ne rassure pas mais peut nous mettre en garde si on le prend au sérieux.